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Le conte du Tsar Saltan de Rimski-Korsakov par Gergiev

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Nikolaï Rimski-Korsakov (1844-1908) : Le conte du Tsar Saltan, opéra en quatre actes et un prologue sur un livret de Vladimir Bielski d’après le conte d’Alexandre Pouchkine. Mise en scène : Alexander Petrov. Avec : Edward Tsanga, Tsar Saltan ; Irina Churilova, Militrisa ; Varvara Solovyova, Tkachikha ; Tatiana Kravtsova, Povarikha ; Elena Vitman, Barbarikha ; Mikhaïl Vekua, Guidon ; Albina Shagimuratova, Princesse-Cygne ; Vasily Gorshkov, Vieil homme ; Andreï Spekhov, Le messager ; Denis Begansky, Le bouffon. Chœur du Mariinsky. Orchestre du Mariinsky, direction : Valery Gergiev. 1 DVD et Blu-Ray Mariinsky. Enregistré au Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg en juillet 2015. Notice en russe, anglais, français et allemand. Durée : 150’

 

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Tsar saltanOpéra de Rimsky-Korsakov, composé à l’occasion du centenaire de la naissance de Pouchkine, exceptionnellement donné sur scène comme au disque, Le conte du tsar Saltan s’inscrit dans la grande tradition russe. En s’appuyant sur une légende, dans une veine pseudo-folklorique et populaire, il développe tout un monde féerique et poétique, auquel les troupes du Mariinsky et la mise en scène inspirée et naïve d’ ajoutent encore en séduction.

Le conte nous narre l’histoire de trois sœurs dont la cadette, Militrisa, est choisie par le Tsar Saltan comme épouse, tandis que l’aînée, Povarikha, sera cuisinière, et la puînée, Tkatchihka, tisserande. Les deux aînées, jalouses, décident alors de se venger avec l’aide de leur tante Babarikha. Le Tsar parti en guerre, elles manigancent et obtiennent du souverain que la jeune épousée et son fils le prince Gvidon soit jetés à la mer dans un tonneau. Un terrible voyage qui s’achève sur une île déserte où le prince sauve la vie d’un cygne attaqué par un vautour. Comme il se doit, le cygne se transforme, alors, en princesse, et le mauvais sort symbolisé par le vautour disparaît, tandis qu’une ville féerique surgit des flots pour couronner Gvidon comme prince régnant. L’existence de cette île merveilleuse est bien vite rapportée au Tsar Saltan par des marchands navigateurs qui transportent dans leurs bagages le prince Gvidon déguisé en bourdon (célèbre Vol du bourdon). Saltan, intrigué par les prodiges qui lui sont racontés (armée de cavaliers surgissant de la mer, écureuil grignotant des noisettes en or et bravoure du jeune prince), décide d’entreprendre le voyage pour l’île mystérieuse où il retrouve enfin, submergé de joie, femme et enfant.

Une œuvre rare, créée en 1900 à Moscou, où l’imaginaire le dispute à l’humour dans un savant mélange, servi par une prosodie savante et une orchestration riche en couleurs. On en retient, notamment, les originales fanfares-enluminures débutant chaque acte, sorte d’interlude musical durant lequel s’ouvre une lanterne magique qui annonce la suite de l’histoire sous forme de dessin animé. Façon particulièrement intelligente et astucieuse de rendre compte de l’aspect fantastique du conte, de sa composante enfantine, et de la nécessité d’une lecture au premier degré, loin de toute considération réaliste ou psychologique, à rapprocher de La cité invisible de Kitège qui suivit quelques années plus tard dans la production du compositeur. La scénographie volontairement kitsch, utilisant force carton-pâte (d’après les décors d’Ivan Bilibine datant de 1937), et les costumes folkloriques et colorés, participent de la mise en scène très réussie, explicite et ingénieuse, d’ qui joue parfaitement le jeu en évitant de tomber dans le ridicule.

Dans la fosse, les troupes du Mariinsky sous la direction de donnent beaucoup de relief à la narration, tandis que le chœur et le ballet se montrent irréprochables. La distribution vocale est de haut niveau, homogène en qualité. La superbe basse d’ assure au Tsar Saltan tout son charisme et sa fragilité. Le timbre lumineux et conquérant du ténor (Gvidon), qui n’est pas sans rappeler un certain Siegfried, répond parfaitement à la princesse cygne d’ dont le ramage de haute volée est heureusement sans rapport avec le surprenant plumage. Sans oublier la magnifique et émouvante (Militrisa) en reine délaissée, et la contralto en Babarikha, perverse et intrigante à souhait.

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