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À La Chaux-de-Fonds, d’âme à âme avec Gautier Capuçon

Concerts, La Scène, Musique symphonique

La Chaux-de-Fonds. Salle de Musique. 11-III-2018. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Ouverture de La Flûte Enchantée. Sir Edward Elgar (1857-1934) : Concerto pour violoncelle en mi mineur op. 65. Robert Schumann (1810-1856) : Symphonie no. 2 en do majeur op. 61. Gautier Capuçon (violoncelle). Geneva Camerata – GECA. Direction : David Greilsammer

gautier-capucon-7-FelixBroedeSalle comble pour la Société de Musique de La Chaux-de-Fonds, et public comblé par un concert où l’investissement d’un chef, d’un soliste et d’un orchestre subliment la musique.

Se présentant comme un orchestre à la programmation éclectique et singulière et reconnu par la presse comme l’un des orchestres les plus audacieux d’aujourd’hui, le (GECA) suscite bien évidemment la curiosité du chaland. Et pourtant, si le programme du concert semble des plus traditionnels, l’approche musicale des œuvres suscite l’intérêt de la nouveauté. Un intérêt qui excite la curiosité, qui voit les risques pris mais qui s’émerveille de la rigueur musicale dans laquelle le chef et son ensemble se maintiennent.

Avec l’Ouverture de La Flûte Enchantée de Mozart, les trois premiers accords entonnés sur un tempo apparaissant (trop) lent ne révèlent pourtant pas de surprises. Mais, très vite, tout s’anime, tout s’enflamme. Le jeune chef impose à son orchestre une précision des rythmes qui donne à cette ouverture si connue une image d’où ressortent des couleurs d’une rare vivacité. Une étrange magie s’installe au long de ces quelques minutes de musique. Comme envahi par cette manière de raconter la musique, on regrette qu’elle ne se prolonge pas tout naturellement avec l’apparition de Tamino et des autres personnages de l’opéra.

Mais c’est la présence du Concerto pour violoncelle de Sir sous l’archet de qui marque le centre de ce concert. Et là ! en l’espace d’un seul coup d’archet, le violoncelliste réussit à bouleverser aux larmes. On sait l’artiste, on sait le musicien, on sait l’amant de la musique, mais à ce seul instant, il est en symbiose avec vous. Il parle avec sa musique. D’âme à âme. Pourquoi parler des qualités techniques du violoncelliste quand l’interprétation, le message est au-delà de cette contingence ? Pourquoi parler de son quand la musique est au-delà des notes ? Quand public, on est submergé d’émotion, et pour autant que les yeux vous laissent la capacité de voir à travers les larmes de l’émoi, on épie le dialogue muet qui s’instaure entre et , extraordinaire premier violon choisie pour ce concerto. Regards aveugles, mots silencieux et gestes invisibles : les deux musiciens scellent leur discours musical avec une pertinence désarmante et une grandeur visionnaire. Dans cette longue plainte musicale, quelle beauté du legato, quelle finesse des pianissimo, quelle noblesse, quel esprit. Un esprit soutenu par la complice et impeccable tenue de l’orchestre et de son chef.

Après de longs et nourris applaudissements pour le soliste, le premier violon, l’orchestre et son chef, accompagné par l’orchestre offre en bis Le Cygne de Camille Saint-Saëns dans une version empreinte de grande simplicité.

En deuxième partie, l’orchestre s’ attaque avec fougue à la Symphonie n° 2 de . On y apprécie le dynamisme et la claire articulation qu’imprime à son orchestre. On y découvre le rythme, la respiration d’un ensemble ahurissant de précision. Le chef israélien connaît cette symphonie sur le bout de sa baguette. Il en imprime les modulations avec une belle musicalité. Parfois même, opérant par ruptures (deuxième mouvement) ses brusques contrastes ont l’heur de surprendre, mais jamais il ne s’éloigne de la ligne mélodique. Si le troisième mouvement est apparu plus conventionnel, le dernier s’avère enthousiasmant et termine en beauté le concert.

Crédit photographique : Gautier Capucon © Felix Broede

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