Mark Tompkins reste vivant et pense à sa mère

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Pantin. Centre national de la danse. 20-III-2018. Mark Tompkins : Stayin Alive, à ma mère. Conception, textes et interprétation : Mark Tompkins. Scénographie, costumes et dramaturgie : Jean-Louis Badet. Mise en scène : Frans Poelstra. Direction technique : David Farine. Lumière : Titouan Lechevalier

Vieux chorégraphe émergent, comme il se définit lui-même, , l’Américain de Paris, signe avec Stayin Alive un solo personnel, intime et émouvant au Centre national de la danse à Pantin.

Il arrive avec sa chapka, son manteau de Nijinsky et sa valise à roulettes, et se déleste peu à peu de ses souvenirs d’enfance, à chaque chicane de la file d’attente d’un aéroport imaginaire. Cet aéroport dans lequel il a dû passer si souvent pour aller rendre visite à ses parents, restés outre-Atlantique. Au passage à la douane, il s’est défait de tout, livrant son corps nu et vieillissant, sans pudeur et sans honte, au regard du public tout proche.

Ce n’est qu’après avoir atteint ce point de totale mise à nu qu’il peut raconter les souvenirs les plus personnels, alternant le français et l’anglais pour dire et aussi chanter les moments les plus bouleversants de son existence, en commençant par la mort de sa mère. Il remonte ensuite le fil du temps en évoquant sa naissance, son enfance d’allergique, son amitié avec Suzy, le garçon manqué, et toutes les annonces ou diagnostics importants qui ont jalonné sa vie.

se livre sans fards dans cette autobiographie en forme de stand-up, émaillée de standards et de chansons rock qu’il chante ou fredonne. Pour lui « la mort est devenue une performance à répétition », lointain écho des années Sida où les veillées succédaient aux enterrements. Ce solo crépusculaire est d’abord et surtout une vanité, qui rappelle à tous les spectateurs de ne pas oublier qu’ils vont mourir et que c’est notre condition humaine.

On pourra regretter que la narration et les textes, écrits par le chorégraphe lui-même, ne soient pas un peu plus maîtrisés dans leur forme ou que le chorégraphe ne se serve pas davantage de son corps comme matériau chorégraphique. Il a bénéficié pour ce solo émouvant et authentique du regard de à la mise en scène, et de à la scénographie.

Crédit photographique : © Morten Abrahamsen

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.