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Les délices romantiques d’Edvard Grieg : les trois sonates pour violon et piano

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Edvard Grieg (1843-1907) : Sonates pour violon et piano n° 1 en fa majeur, op. 8 ; n° 2 en sol majeur, op. 13 ; n° 3 en do mineur, op. 45. Vineta Sareika, violon. Amandine Savary, piano. 1 CD Muso. Enregistrement réalisé à Bruxelles du 14 au 17 août 2017. Notice trilingue : français, anglais, allemand. Durée : 65:47

 

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grieg_sareika_savaryGrieg l’a lui-même reconnu, ses trois Sonates pour violon et piano peuvent se concevoir comme les représentantes des trois étapes majeures de ses métamorphoses esthétiques.

La Sonate en fa majeur composée en 1865 est créée non loin de Copenhague où le compositeur norvégien passait l’été. Sa musique « ingénue et prolixe » plait aussitôt à et . Les forces juvéniles et positives transparaissent à travers une évidente et stimulante facilité mélodique et par le travail brillant opéré sur les thèmes bien dessinés, aisément mémorisables et parfois presque attendus. Le climat populaire sincère, la virtuosité délicate et la bonne humeur enivrante inspirent les deux artistes au jeu impeccable, la violoniste lettone et la pianiste française . L’Allegro initial rafraîchissant et poétique conduit à un Allegretto quasi andantino  dansant puis à un Allegro molto vivace rappelant sans hésitation Robert Schumann.

La Sonate en sol majeur (1867) s’appuie sur des critères nationalistes et traduit un authentique épanouissement de l’artiste qui vient de se marier et dirige à Christiania la Société philharmonique de la ville. Ses traits ostensiblement norvégiens, volontiers allègres et rythmés, expriment un compagnonnage harmonieux avec le folklore national développé, sans trop d’entrave, par la formation germanique (et plus tard dénigrée) subie par le jeune artiste à Leipzig. Une saine vitalité domine tout en oscillant entre gaîté et mélancolie.

La dernière Sonate en do mineur, « tournée vers de plus vastes horizons », vient une vingtaine d’année plus tard ; elle résulte d’une volonté d’aborder la création avec un regard moins régional si l’on peut dire. En effet, plus classique de forme, elle bénéficie d’une grande inspiration et s’impose par une hardiesse harmonique renouvelée, marque du dernier Grieg. Les aspects dramatiques s’intensifient, les deux instruments s’imbriquent plus intimement et dégagent une puissance et un sérieux rarement rencontrés jusqu’alors.

Le binôme instrumental de cet enregistrement fonctionne à merveille, développe ses propres arborescences aux charmes ravissants, traduit la beauté et l’émotion de la musique d’ avec une grâce naturelle qui ralliera les amoureux déclarés et à venir de l’auteur de Peer Gynt et du fameux Concerto pour piano en la mineur que l’Europe entière fêta, interpréta et savoura sans modération pendant des décennies.

Lire aussi  : Il y a 110 ans, la mort de l’humaniste engagé Edvard Grieg

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