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Perpetual Night, Lucile Richardot explore l’art vocal anglais

À emporter, CD, Musique d'ensemble

Perpetual Night, 17th century Ayres and Songs. Œuvres de Robert Johnson (c.1583-1633), William Lawes (1602-1645), John Coprario (c.1570-c.1626), Robert Ramsey (?-1641), Nicholas Lanier (1588-1666), John Banister (1624-1679), William Webb (c.1600-1657), John Hilton (1599-1657), James Hart (1647-1718), John Blow (1648-1708), Matthew Locke (c.1621-1677), Henry Purcell (1659-1695) et John Jackson (?-1688). Lucile Richardot, mezzo-soprano. Ensemble Correspondances, direction Sébastien Daucé. 1 CD Harmonia Mundi. Enregistré en juillet 2017 à La Courroie (Vaucluse, France). Durée: 72:14

 

harmoniamundihmm902269 explore l’art vocal anglais du XVIIe siècle et propose un programme taillé sur mesure pour la voix chaude et fascinante de .

Cet enregistrement balaye chronologiquement l’évolution de la musique vocale anglaise depuis l’époque de Jacques 1er jusqu’à la naissance des salles de concert londoniennes à la fin du siècle. Durant cette période historique si mouvementée politiquement, les influences croisées de la France et de l’Italie ont modelé la vie musicale Outre-Manche. La circulation des artistes entre la France et l’Angleterre a fait naître un monde sonore très inventif : premiers récitatifs, airs de mask, scènes dramatiques répondent aux airs de cour et aux ballets français, jusqu’à la naissance du semi-opéra de Purcell. À travers le parcours illustré par l’, se dégage un fil conducteur propre à cette époque, celui de la mélancolie.

La voix de ne peut pas laisser indifférent. a souhaité construire ce programme anglais comme un écrin pour cette voix à la tessiture exceptionnelle. Si ce disque commence comme un récital de la mezzo-soprano, il évolue vers une rencontre heureuse avec la polyphonie de l’ensemble. Il n’y a pas de nom dans la nomenclature vocale pour désigner la voix de Lucile Richardot. Elle est annoncée comme mezzo, et il est vrai que sa tessiture très étendue permet de justifier cette appellation. Mais d’emblée, on entend un timbre plus ténébreux, presque androgyne, et le registre d’alto vient spontanément à l’esprit. Bas-dessus dirait-on en France autour de 1700. Un timbre chaud, cuivré, très expressif et étonnamment souple.

L’émotion qui se dégage de ces airs nous entraîne dans un monde d’une grande poésie expressive. Les musiciens de l’ y font merveille, écrin chatoyant à la voix si sensible de la chanteuse. On sent une parfaite osmose entre tous les acteurs, et le genius loci de La Courroie, lieu magique qui a accueilli cet enregistrement, n’y est sans doute pas pour rien. Et si le titre Perpetual Night évoque à la fois le timbre enténébré de la voix et la mélancolie de l’époque, il nous fait souhaiter que la nuit dure encore.

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