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Diabolus in opéra, la compil’ de Karol Beffa

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Diabolus in Opéra : composer avec la voix. Karol Beffa. Alma nuvis. Collection Concerto. 184 pages. 20€. Janvier 2018

 

diabolus_in_opera_karol_beffaDiabolus in Opéra est un titre prometteur. L’ouvrage de n’est pas aussi sulfureux que son titre et sa couverture le donnent à penser, mais il contient de vraies pépites. 

La voix – sans même parler de l’opéra – n’a pas toujours été une évidence dans le catalogue de Beffa. En 2008 dans son entretien avec ResMusica, il n’y était fait nulle référence. Diabolus in opéra est l’occasion pour le compositeur de remettre la voix au centre de sa démarche créatrice.

Le cœur de l’ouvrage reprend des textes qu’il a rédigés pour les programmes de l’Opéra de Paris et du Grand Théâtre de Genève, les textes d’ouverture et de conclusion ayant été écrits pour l’occasion. Le premier explique la genèse des textes, leur intention, et surtout le vécu autobiographique de Beffa et de la voix. Le second passe en revue ses œuvres vocales, L’Œil du Loup (Clef d’Or ResMusica 2012) sur un texte de Daniel Pennac, ou ses deux opéras sur des textes de Kafka, K ou la piste du château, dans une esthétique contemplative et harmonique, et Amerika, dans un registre rythmique et motorique. Beffa révèle dans les dernières pages ses projets possibles, autour de Shakespeare, Copernic ou inspirés par les comédies musicales de Steven Sondheim, qui sont autant d’invitations auprès des institutions, librettistes et adaptateurs à se rapprocher de lui.

Diabolus in opéra s’adresse à deux publics. Celui qui s’intéresse au parcours du compositeur Beffa et à son travail, et celui qui s’intéresse à l’opéra et est curieux d’obtenir des clés de lecture sur des œuvres emblématiques ou plus rares. Nul besoin d’être intéressé par les deux aspects pour faire son miel de cet ouvrage.

Si certains textes ne sont guère mémorables (celui consacré aux castrats, ou celui sur Wagner et Liszt), Beffa excelle dans les sujets a priori les plus difficiles car traitant des œuvres les mieux connues. Les analyses consacrées à La Traviata et Aida sont particulièrement éclairantes, suivies de près par La Gioconda de Ponchielli, La Fianculla del West, Elektra, ainsi que les quelques pages de réhabilitation de Massenet. Pour , qui incarne l’opposition actuelle à la radicalité de l’avant-garde musicale de la seconde moitié du XXe siècle, ces opéras sont intéressants en ce qu’ils « rusent avec la norme ».

D’autres analyses sont originales comme la comparaison Mahler/Ligeti (il a signé sur Ligeti une biographie remarquée, Clef ResMusica), ou le substrat psychologique du Nain de Zemlinski et de L’Enfant et les Sortilèges de Ravel, il n’est jamais aussi brillant dans ses démonstrations que lorsqu’il trouve matière à révéler les faces cachées et l’impact profond des œuvres qu’on croit trop connaître.

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