Yoann Bourgeois inaugure La Scala… de Paris

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Paris. La Scala. 17-IX-2018. Scala, création. Conception et mise en scène : Yoann Bourgeois, assisté de Yurié Tsugawa. Lumières : Jérémie Cusenier. Costumes : Sigolène Petey. Son : Antoine Garry. Conception et réalisation de machineries : Yves Bouches, Julien Ciadella. Conseils scénographiques : Bénédicte Jolys. Régie générale : Albin Chavignon

La Scala, cinéma parisien mythique du boulevard de Strasbourg, renaît sous la forme d’une salle modulable et pluridisciplinaire, pouvant accueillir danse, théâtre et musique d’aujourd’hui. C’est , dont les spectacles se situent aux frontières de la danse et du nouveau cirque, qui inaugure avec Scala ce nouvel écrin bleu, moderne et éclectique.

Dans le cadre de scène s’inscrit un vaste appartement bleu, avec une chambre, un salon, une salle à manger et un escalier qui monte jusqu’au ciel. Il est bleu comme la nouvelle salle de La Scala Paris, qui vient de rouvrir ses portes après une éclipse de près de vingt ans. Café-concert à la Belle Époque, puis cinéma Art Déco, La Scala devient le premier multiplexe de la capitale dans les années 1970 avant d’être rachetée par une église baptiste qui échouera à en faire un temple.

a conçu pour sa réouverture Scala, un spectacle kaléidoscope construit autour d’un décor à tiroirs. Le décor recèle mille et une trappes secrètes, portes dérobées, objets bancals ou désarticulés qui semblent avaler et faire disparaître les acrobates-danseurs, tous ultra-doués. Une mention spéciale aux « wakouwas », ces objets en bois articulés qui se déforment et se reforment à volonté, à l’image des danseurs qui jouent tantôt les pantins désarticulés, tantôt les équilibristes.

Le metteur en scène joue sur l’absurde dans une première partie introductive, en multipliant les clones qui reproduisent inlassablement la même situation. Hommes et femmes sont tous vêtus et coiffés à l’identique, ce qui accentue le vertige de cette reproduction gémellaire.

Puis le spectacle, qui puisait dans le registre de la danse-théâtre, prend une dimension poétique avec l’usage immodéré des trampolines placés de part et d’autre du grand escalier, sur lequel les corps prennent appui. La douceur du rebond, la régularité des ralentis témoignent d’une grande maîtrise et d’une réelle aisance des danseurs dans ce langage corporel à mi-chemin entre acrobatie et danse.
L’absurde refait alors surface avec des mains qui surgissent du sol, des jambes qui s’agitent en l’air, des objets qui s’ouvrent tout seuls. Yoann Bourgeois n’hésite pas à utiliser toutes les ressources du décor de théâtre pour faire apparaître et disparaître images et personnages.

En revanche, le spectacle se termine abruptement après à peine une heure, laissant un goût d’inachevé qui devrait se résorber dans la suite de la série de représentations et en tournée. On imagine que Yoann Bourgeois trouvera d’ici là à mieux exploiter sur les plans scénique et dramaturgique les costumes de passe-muraille que les interprètes revêtent sans s’en servir, dans cette séquence finale.

Photos : © Géraldine Aresteanu

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