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Au Louvre, deux facettes de Vivaldi avec Lea Desandre et Thomas Dunford

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Paris. Auditorium du Louvre. 26-IX-2018. Antonio Vivaldi (1678-1741) : Concerto pour violoncelle, concerto pour luth et extraits d’opéras. Lea Desandre, mezzo-soprano ; Thomas Dunford, luth ; Bruno Philippe, violoncelle. Ensemble Jupiter, direction : Thomas Dunford

Thomas-Dunford-et-Lea-Desandre-3-©-Julien-Benhamou_previewAvec à la clé un disque en préparation, le tout jeune , créé et dirigé par le luthiste et dont fait partie , entame une tournée européenne pour rendre hommage à Vivaldi à travers des extraits d’opéras et les deux concertos pour violoncelle et luth.

L’œuvre de Vivaldi est, on le sait, prolifique ; plus de cinq-cents concertos et une cinquantaine d’opéras dont il reste encore beaucoup à défricher. Le programme composé par à la tête de son se propose de donner un aperçu de ces deux facettes. Ainsi, deux concertos, l’un pour violoncelle et l’autre pour luth, entrecoupent les extraits d’opéras interprétés par . Trois instruments qui donnent à entendre la richesse et la variété de l’inspiration mélodique de Vivaldi.

On est d’abord frappé par la vitalité et la complicité manifeste qui unit cet ensemble composé d’amis musiciens qui s’écoutent et sont attentifs les uns aux autres. Évidemment, cette liberté n’est pas sans quelques débordements et imprécisions, mais c’est avant tout la fraicheur de ces interprétations que l’on retient même si l’acoustique de l’auditorium a parfois tendance à favoriser les trois violons au détriment des solistes.

Dans le premier concerto proposé aux auditeurs, le violoncelle de est totalement virevoltant, léger et chantant. On admire la cohérence du discours, le caractère méditatif du mouvement lent et le travail sur les sonorités. Le luth caressant de Thomas Dunford, très attentif aux intentions de son collègue, vient souligner la délicatesse d’une interprétation où l’ornementation est loin de toute virtuosité gratuite.
Thomas Dunford illumine le concerto pour luth par la douceur et l’élégance de son toucher, qui lui permettent d’apporter beaucoup de couleurs à une interprétation que l’on ressent assez libre, comme dictée par l’instant ; une sorte de divagation comme le jazz peut parfois en proposer. Tout y semble simple et limpide et c’est ce qui fait le prix de ses interventions.

Quant à Lea Desandre, on commencera par rappeler la beauté d’un timbre suave et moiré et l’homogénéité d’émission sur l’ensemble de la tessiture. La diction mordante et d’une grande clarté ainsi qu’un phrasé très sensible et un travail particulier sur les intonations confèrent beaucoup de théâtralité à ces pages qui alternent morceaux de bravoure et airs plus élégiaques ou inquiétants. Si l’on aurait aimé un « Gelido in ogni vena » plus glacé (il faut reconnaître que tout le monde a en tête l’interprétation d’anthologie de Cecilia Bartoli), le « Vedro con mio diletto » est particulièrement émouvant, le « Cum dederit » tout en contraste de ton et d’une onctuosité impressionnante, et l’« Agitata da due venti » ébouriffant.

Deux bis parachèvent cette intéressante soirée, dont une belle création de Thomas Dunford lui-même aux multiples inspirations mais qui regarde tout de même principalement vers le jazz !

Crédit photographique : © Julien Benhamou

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