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Nouvelles suites de l’autre Couperin, par Christophe Rousset

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Louis Couperin (1626-1661) : Onze Nouvelles Suites de clavecin. Christophe Rousset, clavecin. 2 CD Harmonia Mundi. Enregistré à la Cité de la musique en janvier 2018. Livret en français et en anglais reproduisant un grand entretien avec Christophe Rousset et Jean-Claude Battault. Durée : 120:26

 

Couperin Nouvelles Suites Rousset HMLe clavecin du grand Louis : exhausse l’art de sur un instrument idéal.

Voici neuf ans abordait aux rives passionnées de la musique de , alternant pour le label Aparté foucades et pointes sèches sur un beau Louis Denis de 1658, prétexte à un double album où l’instrument suscitait le répertoire. C’est encore  les noces d’un clavecin historique et d’une musique que célèbre ce nouvel enregistrement. En entendant Le Moutier de la Suite en Ut, on comprend que le splendide Couchet du Musée de la Musique est idéalement destiné au répertoire du XVIIe siècle, affaire de sonorité, qu’épice sa tierce pure, qui donne de ces musiques une autre image harmonique, plus roide.

Comme tous les interprètes du Grand Louis, Rousset a dû constituer ses propres suites, puisque les pièces nous sont parvenues en ordre dispersé. Il les assemble logiquement par famille tonale, et soudain ce sont des univers particuliers qui surgissent. Le génie de Louis Couperin aura été d’introduire dans une pratique du clavecin encore fortement influencée par l’art des luthistes une puissance expressive qui passe par une harmonie astringente. Rousset la fait entendre dans toute sa sauvage audace, aidé par ce clavecin impérieux, mais il souligne plus encore le goût du compositeur pour les grandes architectures, pour les gestes amples où parait un baroque à la fois sévère et fastueux.

Les fameux Préludes non mesurés où éclate le génie expressif du compositeur sont empoignés, déclamés, exposés, littéralement ils projettent les Suites dans de nouveaux univers d’expression comme de nature sonore. Sans négliger la fantaisie d’une Blandine Verlet, le ton âpre, le jeu visionnaire et roide que Rousset accorde à son instrument vont plus loin dans le théâtre de ce génie du baroque français, trop éclipsé par son neveu François. Il faudrait un second volume pour qu’encore une fois cette adéquation parfaite résonne.

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