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Les Muffatti radieux convient Valer Sabadus et Xavier Sabata à Bozar

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Bruxelles. Bozar. 20-X-2018. Aria et instrumentaux extraits d’œuvres de Georg Friedrich Haendel (1685-1759), Antonio Caldara (1670-1736), Antonio Lotti (1667-1740), Reinhard Keiser (1674-1739), Giovanni Bononcini (1670-1747), Nicola Francesco Haym (1678-1729), Guiseppe Samartini (1695-1750), Pietro Castrucci (1679-1752), Nicola Porpora (1686-1768). Valer Sabadus contre-ténor soprano. Xavier Sabata, contre-ténor. Les Muffatti, direction : Rachael Beesley

Nous retrouvons ce soir à Bozar , et pour « London Calling » , un concert où se succèdent des extraits composés à la fin XVIIe ou début XVIIIe siècle, et jadis interprétés par des musiciens gagnés par les attraits d’une Angleterre en plein essor, elle-même gagnée par un goût pour l’Italie.

« Brussels Baroque Orchestra » est un jeune ensemble de musique ancienne en pleine ascension, composé initialement de musiciens issus du Conservatoire de Bruxelles, tous accomplis dans leur domaine – preuve s’il en est du dynamise et de l’excellence du département de musique ancienne. L’ensemble a été dirigé de 2004 à 2014 par Peter Van Heygen ; la direction musicale est à présent assurée tour à tour par la concertmeister, des invités ou un cluster d’artistes au sein du groupe. Le nom de Muffatti tient lieu d’hommage au compositeur Georg Muffat compositeur européen avant l’heure et théoricien de la musique, trop longtemps resté dans l’ombre. Mais ce nom de Muffatti sert également de cadre à son répertoire. L’ensemble à déjà effectué sept enregistrements (dont un consacré à Johann Christoph Pez). « Laboratoire de synergies musicales et humaines », il mène un travail de recherche musicale autour de partitions parfois oubliées, et de thématiques qui structurent ses concerts.

Valer (c) Sabadus - Pressefoto 15 ©Ross

Jouant debout comme nombre d’ensembles baroques, les musiciens sont dirigés avec vigueur par le premier violon également directrice artistique de ce concert. Elle signale les entrées de tout son corps tandis que de son violon elle entraîne l’ensemble avec ses attaques et des articulations décidées. Tout au long de cette très belle soirée, les Muffatti proposent des interprétations vigoureuses, pleines de fraîcheur et de rigueur. L’effectif est réduit, ce qui semble ajouter à la réactivité de l’ensemble.

Aux extraits instrumentaux succèdent des arias extraits d’opéras de Haendel (« Risveglia lo sdegno » extrait de Poro, re delle Indie). Même énergie, même enthousiasme, même disposition à l’allégresse ce soir chez les deux chanteurs, contre-ténors en lieu et place de castrats. Oublions la mise en scène sommaire, pour retenir ce qui nous intéresse finalement : la beauté de ces deux très belles voix qui rivalisent d’agilité. On goûte ainsi d’un côté à la voix ample et cristalline de , contre ténor soprano d’origine allemande récompensé par le Prix de la Critique Allemande pour son disque Hasse Reloaded chez Oehms et Prix ÉCHO Klassik, et de l’autre au timbre velouté de . Le chanteur d’origine espagnole poursuit lui aussi une belle carrière, déjà remarqué pour ses prestations au Jardin des Voix ou ses collaborations avec Europa Galante, le Collegium 1704 ou encore le Venice Baroque Orchestra. Le programme le mène davantage dans un premier temps vers le médium et le mezzo vocce mais il démontre dans des airs comme « Se parla nel nio cor » toute l’amplitude de son registre.

Selon cette programmation assez usuelle, les instrumentaux alternent et rivalisent avec les arias interprétés par les chanteurs seuls, « Cerco in vano di placere » (Tamerlano de Haendel), « Chi perde un momento » (Giulio Cesare), en duo ou en alternance. Très intelligemment, quelques récitatifs ont été introduits dans le programme : respirations mais aussi opportunités de profiter des instruments obligés, dentelles du théorbe ou du clavecin, ou encore des lignes mélancoliques des hautboïstes.

Le public ne laisserpas les musiciens quitter la salle avant deux rappels et autant de standing ovations qui succèdent aux extraits plein de relief du concerto grosso op. 3/4 de Castrucci, au morceau de bravoure ou s’engage Valer Sabadus (un « Dolci fresche aurette » extrait de Polifemo de Porpora), émaillé de vocalises servies par de merveilleuses résonances, et d’un brillant duo « Coronata di giglie di rose » également extrait de Tamerlano de Haendel.

Crédits photographiques : Les Muffatti © F.Cresens ; Valer Sabadus © Ross

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Bruxelles. Bozar. 20-X-2018. Aria et instrumentaux extraits d’œuvres de Georg Friedrich Haendel (1685-1759), Antonio Caldara (1670-1736), Antonio Lotti (1667-1740), Reinhard Keiser (1674-1739), Giovanni Bononcini (1670-1747), Nicola Francesco Haym (1678-1729), Guiseppe Samartini (1695-1750), Pietro Castrucci (1679-1752), Nicola Porpora (1686-1768). Valer Sabadus contre-ténor soprano. Xavier Sabata, contre-ténor. Les Muffatti, direction : Rachael Beesley

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