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Une biographie de Meyerbeer sans fioritures

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Meyerbeer. Jean-Philippe Thiellay. Actes Sud, 180 pages.19 €. ISBN 978-2-330-10876-2 . Dépôt légal septembre 2018

 

MeyerbeerAprès une biographie de Rossini, qu’on avait adorée, puis une autre de Bellini, toutes les deux en collaboration avec son père Jean, , directeur adjoint de l’Opéra National de Paris, seul cette fois-ci, remet l’ouvrage sur le métier avec une biographie de .

Ce qui frappe beaucoup dans cet ouvrage, c’est son ascèse. On l’avait déjà ressentie en ce qui concernait Rossini, et on avait mis cela sur le compte des trop nombreuses affabulations dont le musicien italien, people avant l’heure, avait fait l’objet de son vivant, une façon en somme de remettre les pendules à l’heure.

Mais pour ce compositeur bien injustement oublié, dont la vie pourrait donner lieu à nombre de broderies, on retrouve de nouveau cette écriture sèche, sérieuse, consciencieuse, qui ne se préoccupe que des faits avérés. Foin d’avis personnel, voire d’analyse des partitions ( n’est pas musicologue de formation), il s’agit d’une compilation de chercheur sur les événements bruts, basée sur des correspondances, des journaux intimes, des écrits d’autres investigateurs. Il faut donc bien admettre que cette frugalité est une marque de fabrique de son auteur. Si l’on excepte les annexes, fournies, le texte en lui-même compte moins de 150 pages. On ne s’en plaindra pas, tant la rigueur et la véracité les soutiennent.

En trois chapitres, agrémentés d’une introduction et d’un épilogue, chacun baptisé d’un prénom, Jakob (1791-1816) riche héritier berlinois décidé à devenir un compositeur éminent, puis Giacomo (1816-1825) jeune musicien gagnant l’Italie dans l’espoir d’apprendre plus et y écrivant ses premières compositions marquantes, et enfin Jacques, (1825-1864) vedette incontestée des scènes lyrique de la première partie du XIXe siècle. Avec seulement quatre titres, on suit la destinée d’un musicien hors pair, exigeant surtout envers lui-même, ne respirant que pour sa famille et sa musique, jusqu’à ce que les jalousies, notamment wagnériennes, et l’antisémitisme latent ne le fassent disparaître des tréteaux, on n’ose pas croire de façon définitive, tant son génie est évident.

Quelques pages bienvenues nous dressent un panorama de la vie lyrique parisienne de cette époque et de ses goûts et ses habitudes musicales.

On retiendra surtout de ces pages le portrait d’un bourreau de travail, d’un homme honnête, rigoureux, généreux, fidèle, et finalement attachant.

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