Carmen-banniere-728x90

Reincken l’étincelant par Clément Geoffroy

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Johann Adam Reincken (c. 1640-1722) : Toccata en la majeur, Ballett, Toccata en sol mineur, Fugue en sol mineur, Suite en do majeur, Höllandische Nachtigall, Die Meierin, Praeludium en do majeur (transcription par Johann Sebastian Bach BWV 966), Suite anonyme en la mineur. Clément Geoffroy, clavecin. 1 CD Encelade. Enregistré en décembre 2017 à l’église Sainte-Aurélie de Strasbourg. Livret français et anglais. Durée : 73:00

 

Les Clefs ResMusica

Geoffroy-ReinckenQuel bonheur que cet enregistrement ! Tout y est somptueux : la musique de Reincken, le jeu tour à tour brillant et sensible de et le son ample du clavecin d’Émile Jobin. Une fois de plus, L’Encelade nous offre une pépite.

On connaît trop mal , organiste de l’église Sainte-Catherine de Hambourg dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, et fondateur dans cette ville de la première maison d’opéra d’Allemagne. De son vivant, seules les six sonates composant son Hortus musicus ont été publiées. Mais certaines de ses compositions pour l’orgue et pour le clavecin ont été heureusement copiées par ses contemporains, car sa renommée était immense dans toute l’Europe du Nord. C’est ainsi qu’elles sont parvenues jusqu’à nous et leur grande qualité atteste du bien-fondé de la réputation de leur auteur. Dans cet enregistrement, a choisi d’ajouter quelques pièces dont l’attribution est douteuse, dont une suite en la mineur qui pourrait être de la main de . lui-même a transcrit certaines sonates de l’Hortus musicus pour clavier, et nous en entendons ici un exemple méconnu.

Le jeu inspiré du jeune claveciniste fait merveille dans ce répertoire, tant dans la virtuosité propre au stylus fantasticus que dans l’écriture à la française des allemandes et sarabandes où son toucher sensible rend parfaitement les qualités expressives du compositeur. Une toute petite réserve, cependant, est appelée par la vélocité parfois un peu inutilement nerveuse, comme dans la fugue en sol mineur. Deux sommets dans ce programme : deux airs à variations, le premier intitulé Ballett et le deuxième sur l’air de La Meierin, emprunté à Johann Jakob Froberger. Cette dernière grande partita nous offre dix-huit variations admirables qui rappellent les variations de son ami Buxtehude sur La Capricciosa et préfigurent les Variations Goldberg de Bach. On y admire, à chaque reprise, la science de l’ornementation de l’interprète, d’un goût très sûr.

Le choix du clavecin, un instrument d’Émile Jobin s’inspirant de la facture flamande des Rückers, est parfait : un son éclatant et précis au service du contrepoint de Reincken. L’accord au tempérament inégal (Lambert-Chaumont) lui confère une palette de couleurs très riche. Quant à la notice du livret, signée par Clément Geoffroy lui-même, elle témoigne de la grande culture et de la curiosité féconde de ce jeune claveciniste qui nous emmène avec bonheur hors des sentiers battus.

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.