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Kevin Kenner interprète des œuvres pour piano de Paderewski

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Ignacy Jan Paderewski (1860-1941) : Sarabande en si mineur op. 14 n° 2 ; Intermezzo polacco en ut mineur op. 14 n° 5 ; Cracovienne fantastique en si majeur op. 14 n° 6 ; Burlesque en fa majeur op. 14 n° 4 ; Dans le désert. Tableau musical en forme d’une toccata en mi bémol majeur op. 15 ; Mélodie en sol bémol majeur op. 16 n° 2 ; Caprice en sol majeur op. 14 n° 3 ; Nocturne en si bémol majeur op. 16 n° 4 ; Menuet en sol majeur op. 14 n° 1 ; Sonate en mi bémol mineur op. 21. Kevin Kenner, piano (Steinway D 233Y de 1925). 1 CD Institut Frédéric Chopin de Varsovie. Enregistré en décembre 2017 au Studio de concert Witold Lutosławski de la Radio polonaise à Varsovie. Textes de présentation en anglais et polonais. Durée : 70:10

 

Paderewski_Kenner_NIFC, connu en Pologne pour avoir remporté le deuxième prix au Concours Chopin en 1990 (le premier n’ayant pas été décerné), signe un de plus beaux disques de musique pour piano solo d’.

L’œuvre de Paderewski est de nos jours oublié, bien que son Menuet en sol majeur ait été joué par les plus grands pianistes d’avant-guerre, y compris par le jeune Horowitz, et que son portrait soit accroché en bonne place aux murs de tous les salons Steinway du monde. a bien raison de nous restituer quelques-unes de ses pages, y compris le célèbre Menuet et la Sonate pour piano, et ce, sur un Steinway ayant appartenu au compositeur lui-même, que la marque allemande lui avait donné en guise de cadeau. Ledit Menuet fait partie du cycle des Six humoresques de concert op. 14 qui forment, pour ainsi dire, le pivot de ce récital, car elles ne sont ni exécutées l’une après l’autre, ni présentées dans l’ordre proposé par Paderewski.

Les interprétations de Kevin Kenner sont tracées avec de larges coups de pinceau horizontaux : le pianiste contrôle les moindres changements agogiques du mouvement, il n’est pas pressé (et ne traîne pas non plus), ce à quoi le caractère flamboyant de ces partitions pourrait par moments tenter, et surtout il met en valeur la beauté des enchaînements harmoniques, en veillant à la précision de l’attaque des doigts dans les touches et au raffinement du toucher. C’est ainsi que ces œuvres bénéficient aussi bien du naturel du discours musical que d’une palette offrant des nuances et des teintes variées et riches. Le jeu de Kevin Kenner fait preuve de sa connaissance de la signification de ces compositions : il ne cherche pas d’effets spectaculaires, mais choisit la simplicité. Également, dans ces phrasés chantants et mélodieux qu’il modèle avec la précision d’un orfèvre, on perçoit une certaine dose de spontanéité propre à l’esprit de ces pages, et on y trouve de la majesté teintée d’élégance et de nostalgie (Menuet), de même que – là où ceci est justifié – de brio (Cracovienne fantastique). Écoutez particulièrement Dans le désert. Tableau musical en forme d’une toccata en mi bémol majeur, où la plasticité des plans sonores aussi séductrice que suggestive et la mise en lumière du côté expressif mais aussi pittoresque de ce morceau renvoient, en quelque sorte, à l’œuvre de Franz Liszt (la fougue) et à celle de Frédéric Chopin (la peinture sonore et le jeu des ambiances).

Pour ce qui est de l’interprétation de la Sonate en mi bémol mineur op. 21, façonnée, en 1903, en trois mouvements selon le modèle classique, la tension dramatique se mêle au lyrisme, la virtuosité s’entrelace avec la finesse du contour, et la narration s’accompagne d’une grandeur épique, d’un large éventail de couleurs et d’une perfection technique admirable, qui placent cette prestation au sommet de la discographie.

Le modeste panthéon des interprètes de l’œuvre d’ rouvre ses portes, avec ce disque, à Kevin Kenner qui, ayant déjà enregistré des œuvres concertantes du même compositeur, se joint aux pianistes dévoués à la cause polonaise, qui s’efforcent de promouvoir cette musique : Karol Radziwonowicz, Nelson Goerne (chez le même éditeur) et Dang Thai Son (Clef d’Or ResMusica 2017, avec le Philharmonia dirigé par Vladimir Ashkenazy).

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Ignacy Jan Paderewski (1860-1941) : Sarabande en si mineur op. 14 n° 2 ; Intermezzo polacco en ut mineur op. 14 n° 5 ; Cracovienne fantastique en si majeur op. 14 n° 6 ; Burlesque en fa majeur op. 14 n° 4 ; Dans le désert. Tableau musical en forme d’une toccata en mi bémol majeur op. 15 ; Mélodie en sol bémol majeur op. 16 n° 2 ; Caprice en sol majeur op. 14 n° 3 ; Nocturne en si bémol majeur op. 16 n° 4 ; Menuet en sol majeur op. 14 n° 1 ; Sonate en mi bémol mineur op. 21. Kevin Kenner, piano (Steinway D 233Y de 1925). 1 CD Institut Frédéric Chopin de Varsovie. Enregistré en décembre 2017 au Studio de concert Witold Lutosławski de la Radio polonaise à Varsovie. Textes de présentation en anglais et polonais. Durée : 70:10

 
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