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Le Cosmos et ses espaces-temps mis en musique par François Bousch

À emporter, CD, Musique d'ensemble, Musique de chambre et récital

François Bousch (né en 1946) : Wei Tsi (2008) pour clarinette, piano et percussions ; Chant d’espaces (2014) pour clarinette solo ; Infini(s) silence(s) (2013-16) pour soprano, clarinette, harpe, accordéon, violoncelle et sons fixés ; Vâyu (2005) pour accordéon de concert ; Dualité-miroirs (2012) pour soprano, clarinette/clarinette basse et sons fixés. Ensemble Accroche Note : Françoise Kubler, soprano ; Armand Angster, clarinettes ; Anthony Millet, accordéon ; Elodie Adler, harpe ; Iida Hirvola, violoncelle ; Maxime Springer, piano ; Emmanuel Séjourné, percussions. 1CD FY du Solstice 2018. Durée : 64:30

 

françois Bousch SolsticeAvec ce Chant d’espaces, nous plonge dans une évocation musicale des mystères de l’univers.

Élève, entre autres, de Messiaen, son regard sur les étoiles n’est pas celui du mystique, mais de l’homme fasciné par ce que nous disent les recherches les plus récentes de la physique, confrontées au langage de poètes contemporains et aux influences de l’Orient. Avec la voix, la clarinette et l’accordéon ont une place de choix dans les œuvres présentées.

L’ambiance créée par le piano au début de Wei Tsi évoque Messiaen, à qui l’œuvre est dédiée conjointement à et René Char. Mais la clarinette et les percussions y ouvrent d’autres horizons, avec de beaux effets de sonorités, et ancrent l’ensemble des œuvres présentées dans leur rapport poétique à l’univers.

La clarinette solo de poursuit cette exploration dans Chant d’Espaces, avec la riche palette d’effets et de sonorités que l’instrument a gagné au cours du XXe siècle : trilles, souffles, registre suraigu, sons multiphoniques, micro-intervalles, roulements ou percussions de la langue…

Avec Infini(s) Silence(s), le compositeur se fait aussi poète, auteur du texte sur une rencontre entre galaxies. Comment rendre musicalement la fascination que provoquent les progrès de la physique dans la connaissance de notre univers ? Clarinette, harpe et violoncelle, accompagnés de souffles et de chuchotements, tentent de suggérer ce qu’il est si difficile de se représenter, l’accordéon y ajoutant des sons plus originaux et utilement troublants. La voix de la soprano , apparaît d’abord comme un travail sur le texte, parfois obsédante dans ses formules musicales. Le propos est peut-être trop explicite pour qu’on se laisse emporter dans cette « aventure cosmique »…

Dans Vâyu, l’accordéon d’, cette fois-ci en solo, part d’un soupir de découragement, puis, après une très intéressante première partie de souffles et de percussions sur l’instrument, la « séance de travail » se poursuit par l’introduction de motifs mélodiques et rythmiques d’une grande virtuosité, qui prennent progressivement toute la place.

Dualités-Miroirs fait dialoguer soprano et clarinettiste. Des sons fixés rendent leur jeu musical plus complexe. Paroles échangées, sons de la bouche, voix parfois déformée, la dynamique de la composition surprend et déroute par moment, mais la séduction opère, non sans une forme d’humour.

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