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À Berlin, Monteverdi mis en danse par Saar Magal

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Berlin. Staatsoper, Apollo-Saal. 30-XI-2018. A Monteverdi Project. Concept, mise en scène, chorégraphie : Saar Magal ; direction musicale : Haggai Cohen-Milo. Avec Adaya Berkovich, Gili Goverman, Olivia Lecomte, Sadagyul Mamedova, Erick Odriozola, Ichiro Sugae, Juan José Tirado, Sebastian Zuber : danse ; Hanna Herfurtner, Olivia Stahn, Amélie Saadia, Benjamin Popson, Philipp Mayer : chant

12605La thématique de ce spectacle est plutôt convenue, mais le divertissement est efficace.

Avec deux opéras et plusieurs concerts de madrigaux, on ne peut reprocher aux Journées baroques du Staatsoper de Berlin de prendre la musique de par dessus la jambe. C’est en complément de ce beau programme que la chorégraphe israélienne entreprend par les moyens de la danse de faire voir les formes du désir et de la relation au corps qu’il met en jeu à travers les madrigaux de Monteverdi.

Huit danseurs (recrutés spécialement pour ce projet), cinq chanteurs, trois instrumentistes, tous vêtus de blanc (et plus ou moins vêtus), dans le grand foyer du Staatsoper recouvert d’un sol blanc autour duquel seul un étroit espace est laissé libre pour le public, telles sont les données de départ. En entrant dans la salle, les spectateurs doivent passer entre une haie de danseurs, perchés sur des bouteilles qui recouvrent le sol, et peu vêtus : l’intimité par la proximité des corps et ce qu’elle a de (ici très légèrement) dérangeant sont d’emblée posés. Une des danseuses commente sans particulière aménité les performances de ses collègues tentant d’exprimer par le corps des phénomènes naturels : la performance, en ces temps où chacun est invité à donner une évaluation sur chacun y compris sur les sites de rencontre, est une obsession contemporaine, et le corps y échappe moins que jamais.

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Ce début de la pièce est sans doute la partie la plus forte du spectacle, celle où le propos est le mieux construit et suivi ; la suite des 70 minutes de danse et de musique développe ce jeu des corps et de l’intime aujourd’hui affiché, exposé et exploité, de manière divertissante, mais exposant de manière de plus en plus évidente les limites d’un propos tout de même plutôt convenu. La danse est belle et variée, la relation à la musique (un accompagnement surtout électronique, mais des chanteurs d’une belle musicalité) moins centrale que ce que le titre du spectacle laisse penser (« A Monteverdi Project »), et un beau succès auprès du public : ce spectacle de fin de soirée ne nous apprendra rien sur Monteverdi ou sur notre temps, mais il est un agréable contrepoint aux moments musicaux forts de ces premières Journées baroques de Berlin.

Crédits photographiques : © Efrat Mezor

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