Le Sydney Symphony Orchestra en démonstration à la Philharmonie de Paris

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris. Philharmonie, Grande salle Pierre Boulez. 4-XII-2018. Alban Berg (1885-1935) : Concerto pour violon « À la mémoire d’un ange ». Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n° 5 en do dièse mineur. Renaud Capuçon, violon. Sydney Symphony Orchestra, direction : David Robertson

16-David-RobertsonRare en France, le fait honneur de son passage à la Philharmonie de Paris pour un programme viennois concocté par son directeur musical , avec en première partie le Guarneri de dans le Concerto à la mémoire d’un ange.

Orchestre de renom le plus éloigné de la planète par rapport à Paris, Le Sydney Symphony apparaît encore moins souvent en Europe que la plupart des formations États-uniennes et mérite que chacun de ses passages soit attentivement suivi. Il n’a rien perdu de sa splendeur depuis qu’il a échangé en 2014 Vladimir Ashkenazy pour , arrivé en France avec le programme le plus conventionnel de la tournée, quand d’autres villes auront le droit à une œuvre de Brett Dean ou à une Symphonie n° 5 de Prokofiev autour des concertos de Korngold ou de Berg.

a suivi la tournée et entre dans une Philharmonie qu’il connaît bien pour interpréter l’ouvrage d’ assisté des sonorités viennoises recherchées par le chef d’orchestre, qui a été à une époque directeur musical de l’Ensemble Intercontemporain. Le violoniste montre dans ce Concerto à la mémoire d’un ange une inspiration intègre, même s’il est déjà ressorti plus de mystère et d’évanescence de cette partie soliste. Autour de lui, l’orchestre australien impressionne par ses timbres et la qualité de ses instrumentistes, à commencer par les cors et les contrebasses. Le violoniste revient détendu sur scène aux saluts pour offrir un bis, préparé à deux. Il explique alors qu’en arrivant devant l’orchestre afin de préparer cette tournée, il a retrouvé le premier violon Andrew Haveron, rencontré la première fois vingt-quatre années plus tôt lors d’un concours. Les deux s’apprêtent à débuter le troisième mouvement de la Sonate pour deux violons opus 56 de Prokofiev, quand Capuçon rabaisse son instrument afin de préciser : « Je ne citerai pas le nom du concours, mais pour terminer l’anecdote, sachez qu’aucun de nous deux n’est allé en finale ! ».

Le retour d’entracte annonce une réapparition de la formation australienne au grand complet afin de s’attaquer à la Symphonie n° 5 de . La trompette impressionne dès le premier solo, tout comme les cordes, compactes et chaudes, avec là encore une mention particulière pour les contrebasses, d’une magnifique raucité. Les cors touchent par leurs interventions lors des deux premiers mouvements, mais commencent à afficher une certaine fatigue dès l’attaque, pas tout à fait en place, du Scherzo. Une fois que l’on a dit cela, difficile de parler au sens propre d’une véritable interprétation de la part de David Robertson, qui délivre parfaitement, mais sans rien y ajouter de personnel, la partition viennoise. Jusqu’à la fin de la deuxième partie, cela fonctionne tout à fait tant le Sydney Symphony suffit à ravir, mais l’Adagietto sans émotion ni vision peine à intéresser autant, tout comme le Rondo-Finale, déjà compliqué à traiter par les relents de thèmes du mouvement précédent, ainsi que par le choral, ici géré sans véritable approche intellectuelle.

Un rapide discours en anglais-français de Robertson permet d’annoncer un court bis, l’Ouverture de Candide de celui à qui l’on rend hommage pour les cent ans de sa naissance ; pièce justifiée par le chef avant tout par l’ouverture d’esprit de Bernstein et du livre qui lui inspira l’opéra. L’ouvrage a lui aussi connu baguettes plus inspirées, mais permet une dernière fois de profiter de la superbe formation d’Australie.

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