Les sonates des Abendmusiken par l’ensemble Stravaganza

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Johann Theile (1646-1724) : Sonata duplex a 3. Dietrich Buxtehude (1637-1707) : Sonata en do majeur BuxWV 266, Sonata en sol majeur BuxWV 271. Philipp Heinrich Erlebach (1657-1714) : Sonata quinta en si bémol majeur. Johann Adam Reincken (1637-1722) : Hortus musicu IV en ré mineur. Ensemble Stravaganza, violon et direction : Domitille Gilon. Louis Creac’h, violon. Robin Phato, basse de viole. Vincent Maurice, théorbe. Thomas Soltani, clavecin et direction. Chloé Sévère, orgue. Enregistré à Paris en octobre 2017. 1 CD Muso. Durée : 50:59

 

AbendmusikenSous la direction bicéphale de au violon et Thomas Soltani au clavecin, l’ a choisi pour son troisième enregistrement d’explorer la musique instrumentale d’Allemagne du Nord, avec des sonates pour un ou deux violons de , et .

Au dix-septième siècle, Hambourg et les villes hanséatiques sont des lieux d’échanges cosmopolites dont bénéficie la création artistique et particulièrement la musique, ouverte à l’influence du stile nuovo italien. Buxtehude, Theile et Reincken, que l’on retrouve tous trois sur le tableau de Voorhout intitulé « Allégorie de l’amitié », appartiennent au cercle musical et amical des contrapuntistes qui se réunissent à Lübeck pour de célèbres veillées musicales, les Abendmusiken. Quant à Erlebach, il aurait fait toute sa carrière dans le centre de l’Allemagne, mais ses sonates en trio témoignent de la même influence italienne que chez ses collègues du Nord.

Dans la Sonate en ut majeur de Buxtehude, les courtes sections aux tempi contrastés s’enchaînent comme pour dérouter l’oreille au milieu d’un labyrinthe sonore. Avec la Sonate d’Erlebach, c’est un dialogue entre le violon et la viole de gambe qui s’installe en une succession de danses selon la forme de la suite française, comme dans l’Hortus Musicus de Reincken. Dans la Sonate en trio de Theile, on appréciera les effets d’écho et les imitations entre les deux violons. Mais en règle générale, malgré la qualité irréprochable de l’interprétation et la belle énergie dont font preuve les instrumentistes, l’enchaînement de toutes ces courtes sections amène un sentiment de monotonie chez l’auditeur. Tout finit par se ressembler. Une exception : la Sonate en sol majeur de Buxtehude qui offre de véritables surprises dans les ruptures de tempo, avec des moments où le violon s’exprime en solo, autour d’un beau mouvement central en forme d’air à variations. De même, la sonate qui introduit la suite de Reincken est riche de ces contrastes qui mettent en valeur l’expressivité des interprètes. Elle nous donne à entendre, en particulier, un magnifique solo de la viole accompagné par le théorbe.

Comme en témoigne le tableau de Voorhout, il s’agit bien de musiques à jouer entre amis pour le plus grand plaisir de chacun, dont l’auditeur peut, parfois, se sentir un peu exclu.

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