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Brahms, Trio et Sonates pour clarinette avec Pascal Moraguès

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Johannes Brahms (1833-1897) : Trio pour clarinette, violoncelle et piano en la mineur op. 114 ; Sonate n° 1 pour clarinette et piano en fa mineur op. 120 ; Sonate n° 2 pour clarinette et piano en mi bémol majeur op. 120. Pascal Moraguès, clarinette. Frank Braley, piano. Christian Poltéra, violoncelle. 1 CD Indésens. Enregistré en septembre 2017 à Mons en Belgique. Notice bilingue français-anglais. Durée : 67:50

 

Clarinet-Sonatas-Trio-DigipackCe bel album présente trois œuvres de , monuments incontournables du répertoire de la clarinette, portées à leur quintessence par , et dans une interprétation exemplaire, typiquement brahmsienne, mêlant intimement passion et nostalgie.

Trois partitions de la maturité, composées entre 1891 et 1894, toutes nimbées de mélancolie douloureuse, de tendresse et de romantisme contenu, qui appartiennent à la dernière période créatrice de Brahms, inspirées par la rencontre que le compositeur fit à la cour de Meiningen avec le clarinettiste virtuose Richard Mühlfeld. Des compositions qui se caractérisent par le classicisme de leur forme, en quatre mouvements, mais surtout par leur richesse thématique et rythmique où Brahms utilise à l’envi métamorphoses et variations.

Dans le Trio op. 114, composé en 1891 à Bad Ischl, Brahms fait appel à trois familles différentes d’instruments dont les timbres s’accordent parfaitement dans un subtil équilibre. La sonorité moirée, élégiaque, épique ou nostalgique de la clarinette de répondant aux accents sombres, lyriques et mystérieux du violoncelle de , soutenu par le piano plus discret de . Si l’Allegro initial s’appuie sur un dialogue enflammé, l’Adagio, sans pathos excessif, sait se montrer plus mystérieux et rêveur, parfois inquiet, tandis que l’Andantino laisse place à un rythme plus dansant de valse avant l’Allegro final de conclure sur une dynamique plus engagée, lyrique et passionnée.

Si la Sonate n ° 2 se présente, tout au long de ses quatre mouvements peu différenciés, comme une longue péroraison bâtie sur le dialogue entre le piano et la clarinette, le jeu de Pascal Moraguès séduit tout du long par sa sonorité ronde, sa virtuosité volubile, mais aussi par la précision des attaques, la pertinence des articulations, la beauté et la souplesse de la ligne. En revanche, la Sonate n° 1 semble laisser une plus large place au piano par ses allures plus rhapsodiques, que ce soit dans le fougueux Allegro appassionato, dans le très émouvant Andante, ou dans l’Allegro grazioso plus pastoral précédant la joute virtuose et jubilatoire du Rondo final. Un disque qui témoigne une fois de plus de l’excellence reconnue de Pascal Moraguès et de l’école de vents français, ainsi que de l’indéfectible attachement du label Indésens à la promouvoir.

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