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La Traviata de Sofia Coppola reprise à l’Opéra de Rome

La Scène, Opéra, Opéras

Rome. Teatro dell’opera di Roma. 19-I-2019. Giuseppe Verdi (1813-1883) : La Traviata, opéra en trois actes sur un livret de Francesco Maria Piave d’après La Dame aux Camélia d’Alexandre Dumas fils. Mise en scène : Sofia Coppola. Décors : Nathan Crowley. Assistante décors : Leila Fteita. Costumes : Valentino Garavani, Maria Grazia Chiuri & Pierpaolo Piccioli. Lumières : Vinicio Cheli. Vidéos : Officine K. Chorégraphie : Stéphane Phavorin. Assistante : Marina Bianchi. Avec : Claudia Pavone, Violetta ; Irida Dragoti, Flora Bervoix ; Rafaela Albuquerque, Annina ; Antonio Poli, Alfredo Germont ; Sebastian Catana, Giorgio Germont ; Andrii Ganchuk, Baron Douphol ; Timofei Baranov, Marquis d’Obigny ; Graziano Dallavalle, Dottor Grenvil ; Domingo Pellicola, Gastone. Corps de ballet del Teatro dell’Opera di Roma. Coro del Teatro dell’Opera di Roma (chef de chœur : Roberto Gabbiani). Orchestra del Teatro dell’Opera di Roma, direction : Pietro Rizzo

La traviata_Claudia Pavone (Violetta), Antonio Poli (Alfredo)_Yasuko Kageyama-Opera di Roma 2018-19_6576 WEBReprise chaque année à Rome depuis sa création en 2016, la mise en scène inoffensive de pour La Traviata offre un spectacle de répertoire au jeu d’acteur travaillé, avec pour cette saison trois distributions différentes, sous la direction propre et sans tourment de Pietro Rizzo.

Un mois après l’interprétation passionnante du Rigoletto de Verdi par le nouveau directeur musical des lieux, la reprise de La Traviata à l’Opéra de Rome fait office de bonne soirée de répertoire, avec le bénéfice d’une première distribution quasi intégralement italienne, intéressante dans le traitement du texte de Piave. Nous qui reprochions trop d’idées souvent peu latines à Jérémie Rhorer un mois plus tôt au Théâtre des Champs-Élysées, nous assistons maintenant à l’exact opposé avec une direction attentive au plateau et à une pulsation de pure tradition verdienne, sans pourtant aucune proposition novatrice de la part du chef Pietro Rizzo.

L’Orchestra del Teatro dell’Opera di Roma se démarque certes par sa qualité, tout comme le chœur, très bien préparé par Roberto Gabbiani. Il est cependant moins impactant dans ses interventions qu’un mois plus tôt, ainsi que moins net dans sa prosodie. Le corps de ballet maison est également mis à l’honneur, évidemment dans la scène des Zingarelles, surtout probante par la prestation des hommes, plus rigoureux dans leurs mouvements groupés que les femmes, moins parfaitement coordonnées dans la première danse. La mise en scène de , sa première pour l’opéra, dans des costumes du créateur de la marque Valentino et des décors de Nathan Crowley, n’apporte que de jolies images extrêmement classiques et déjà vues au chef-d’œuvre de Verdi. D’une grande salle avec un escalier massif au I à un lit volumineux au III, on ne retient de cette proposition que le jeu d’acteur bien travaillé, même pour cette troisième reprise de l’opéra sans le retour de l’artiste pour parfaire son ouvrage.

La traviata, regia di Sofia Coppola_ph Yasuko Kageyama-Opera di Roma_6472 WEB

Cette justesse se manifeste surtout dans les scènes de duo ainsi que dans le dernier acte, dans lequel , la seule des trois sopranos que nous ayons pu entendre ici cette saison, se montre une Violetta particulièrement touchante, bien plus libre qu’à la première scène, dans laquelle elle se présentait encore attentive et contrainte. Face à elle, est un bel Alfredo au timbre barytonnant, éclairci lors du duo de la première partie de l’acte II, puis à la fin du bal. Sa déclamation du texte traitée avec une certaine liberté par rapport à sa partition apporte un beau réalisme à sa prestation, et évite toute bravoure dans des airs portés par le ténor davantage pour développer l’histoire que pour se mettre en avant. en Germont père n’offre pas la même émission à cause d’une diction plus pâteuse, mais il parvient lui aussi à toucher par les messages qu’il transmet, notamment au grand duo de l’acte II avec Violetta.

Du reste de la distribution, citons d’abord l’excellente Annina de , d’une superbe clarté, d’une tenue irréprochable et d’une délicate présence scénique, avant de nommer aussi la voix de basse d’ pour le Baron Douphol. pour un énergique Gastone, pour un Docteur aux graves impactants et pour une Flora Bervoix lyrique complètent cette bonne distribution.

Crédit photographique © Yasuko Kageyama-Opera di Roma

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