Retrouvailles de Christoph von Dohnányi et de l’Orchestre de la Radio Bavaroise

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Munich. Herkulessaal. 18-I-2019. Charles Ives (1874-1954) : The Unanswered Question, pour trompette, flûtes et cordes ; György Ligeti (1923-2006) : Double concerto pour flûte, hautbois et orchestre ; Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Symphonie n° 6 op. 74 (Pathétique). Orchestre symphonique de la Radio Bavaroise ; direction : Christoph von Donhányi

50000448_10156946507612232_1235499466417504256_nAprès avoir dû annuler la plupart des représentations d’Elektra à la Scala, Dohnanyi offre à Munich un programme inhabituel.

Occasion rare : il aura fallu qu’il arrive à la veille de ses 90 ans pour que vienne diriger l’ pour la deuxième fois de sa carrière, plusieurs décennies après une première apparition. Il est fort heureux qu’il ait choisi d’inscrire à son programme le Double concerto pour flûte et hautbois de Ligeti, d’abord parce que c’est un chef-d’œuvre qui se passe de justification, mais aussi parce que c’est lui, en 1972, qui en assura la création avec l’Orchestre philharmonique de Berlin. Comme c’était alors déjà le cas, ce sont deux solistes de l’orchestre qui sont placés au premier plan.

Virtuose à sa façon, le concerto de Ligeti est une merveille d’invention et d’expérimentation sonore, constamment fascinant pour l’univers sonore qu’il crée – micropolyphonie, certes, mais aussi un travail des timbres entre les solistes, entre la flûte solo et les flûtes de l’orchestre, et ainsi de suite. Les deux solistes munichois s’en tirent avec les honneurs, même s’ils ne laissent pas toujours ignorer les difficultés de la partition ; et on aurait pu imaginer que l’audace et l’allant de l’œuvre pourraient être plus évidents encore. L’association du concerto avec la Question sans réponse de est très pertinente ne serait-ce qu’en matière de couleurs sonores : à quelques décennies de distance, voilà deux compositeurs sur la piste de l’exploration musicale.

Après l’entracte, la Symphonie « pathétique » de Tchaïkovski n’est sans doute pas le plus naturel des enchaînements, tant elle est l’apothéose d’une vision romantique de la musique que la génération de Ligeti ambitionnait de dépasser. L’orchestre est cette fois beaucoup plus en terrain connu, et Dohnányi a beaucoup dirigé cette œuvre : la sûreté du métier est évidente, l’engagement de tous est certain, et la clarté du discours est sans doute ce qui caractérise le mieux cette interprétation, qui laisse aux solistes de l’orchestre toute latitude pour briller. Est-ce cependant suffisant ici ? On entend beaucoup de très belle musique, mais les grands espaces de l’intime nous restent fermés.

Crédit photographique : © Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunk (photo de répétition)

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