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Célébration du violon dans trois concertos contemporains

À emporter, CD, Musique d'ensemble

Charlotte Bray (née en 1982) : Caught in Treetops ; Kaija Saariaho (née en 1952) : Graal Théâtre ; Bram Van Camp (né en 1980) : Concerto for Violin and Ensemble. Wibert Aerts, violon ; Hermes Ensemble (direction Frank Agsteribbe) ; Notabu.Ensemble neue musik (direction Mark-Andreas Schlingensiepen). 1 CD ET’CETERA KTC 1636. Enregistré à la Tonhalle de Düsseldorf en avril 2013 (Saariaho) et à l’AMUZ d’Antwerp en juillet 2017 (Van Camp) et en janvier 2018 (Bray). Notice quadrilingue néerlandais, français, allemand, anglais. Durée 62:56

 

Caught in Treetops charlotte brayTrois compositeurs vivants convoquent le violon dans des œuvres concertantes alliant lyrisme et virtuosité. Trois pièces très inspirées et magnifiquement interprétées par  jouant un Testore de 1697.

Deux poèmes et un air de jazz ont nourri pour Caught in Treetops (2010) : « A Match with the Moon » de Dante Gabriel Rossetti, « La Luna Asoma » de et « Autumn Nocturne » de Sonny Rollins. C’est dire combien le climat onirique, la tension constante et le caractère chantant du violon sont ici prégnants. Deux mouvements centrés chacun sur un poème, deux atmosphères. Le premier s’ouvre sur une longue partie soliste qu’on dirait improvisée – c’est elle qui emprunte au saxophoniste –, avec sa façon obstinée de creuser et d’avancer par répétitions et fulgurances dans l’hyper aigu, comme poussée par l’urgence. Puis, légers, les autres instruments escortent le violon sans jamais l’étouffer, lui faisant plutôt écho. Le second mouvement est tout différent, nettement nocturne, s’étirant en un chant construit sur peu de notes tenues et jouées piano. Une pièce intime et vibrante d’une beauté évidente.

Changement d’atmosphère avec Graal Théâtre (1995) de , concerto dont on entend ici la version pour violon et orchestre de chambre. S’y joue un drame. Le titre de l’œuvre est d’ailleurs emprunté à l’ouvrage éponyme de Florence Delay et . Tel le roi Arthur, le violon, très expressif et auquel parfois répond un orchestre diaphane, est traité comme un personnage à part entière qui traverse plusieurs couleurs de timbres comme autant de paysages. Un rôle d’une extrême virtuosité ! Cela est plus vrai encore dans le second mouvement, impetuoso, plus tourmenté, le conflit naissant dans le jeu du violon lui-même et étant repris par un orchestre plus affirmé qu’auparavant.

Le Concerto pour violon et ensemble (2008) de est à la fois plus âpre, introspectif et abstrait que les deux précédents. Plus sec aussi, même si l’ensemble est d’une grande inventivité, avec ses quatre moments nettement différenciés où le timbre de l’instrument vedette, assez improvisateur, trouve dans ceux qui l’accompagnent – célesta, marimba, piano, timbale, etc. – une résonance particulière qui crée un climat.

D’inspirations différentes, ces trois pièces ont assurément un lien de cousinage par la manière qu’elles ont d’assurer la prépondérance du soliste et de marier son timbre avec celui des autres musiciens, jouant ensemble ou séparément et qui le prolongent plus qu’ils ne dialoguent avec lui.

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