À emporter, CD, Musique d'ensemble

La fougue des Brandebourgeois par l’Ensemble Zefiro

Plus de détails

Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Intégrale des six concertos brandebourgeois BWV 1046 à 1051. Ouverture n° 2 en si mineur BWV 1067. Ensemble orchestral Zefiro. Direction : Alfredo Bernardini. 2 CDs Arcana. Enregistrés en septembre et octobre 2017. Livret en français, anglais, allemand et italien. Durée totale : 111:58

 

Les Clefs ResMusica

bachAprès un premier CD Bach consacré à quelques Ouvertures pour orchestre, Zefiro complète avec les six concertos Brandebourgeois et l’Ouverture n° 2 en si mineur. dirige depuis le hautbois son avec un rare panache. De quoi réjouir le mélomane féru d’interprétation historiquement informée par une approche analytique du discours, du charme au vertige.

La discographie des Concertos brandebourgeois de Bach est très fournie et l’arrivée d’une nouvelle version pose la question de son intérêt et de son originalité. Le titre initial Six concertos avec plusieurs instruments datant de 1721 montre la volonté du compositeur de mettre en avant chaque instrument constituant l’orchestre baroque. Tour à tour, chaque concerto y pourvoit. C’est Philipp Spitta, célèbre musicologue et biographe de Bach qui en 1873 leur a donné le titre définitif de Concertos brandebourgeois, en référence à leur dédicataire le Margrave de Brandebourg.

Dès le début du premier concerto à l’atmosphère bucolique et champêtre, on est happé par une espèce de frénésie, largement soutenue par une prise de son très analytique, où chaque instrument semble capté individuellement et pourtant restant fondu dans une masse sonore cohérente et agréable à l’oreille. Choisi pour cet enregistrement, le Théâtre Ristori à Vérone, avec sa configuration à l’italienne, offre une acoustique précise sans véritable réverbération. Cet environnement particulier permet aux musiciens d’aborder certains tempi de manière étonnamment rapide : le premier mouvement du Concerto n° 5 en est l’exemple le plus frappant. On apprécie le jeu millimétré du claveciniste Francesco Corti, y compris dans la redoutable cadence prise tel un tourbillon vertigineux. Les autres musiciens solistes brillent à leur tour, c’est le principe même de ces œuvres, notamment dans le Concerto n° 4 avec la fluidité du violon de Cecilia Bernardini associé aux deux flûtes à bec de Dorothee Oberlinger et Lorenzo Casavanti.

Les cordes, à l’honneur dans les concertos n° 3 et n° 6, se fondent en un ensemble grave que le diapason ancien calé à 398 Hz sur le La3 accentue encore, par une profondeur qui convient mieux à l’écriture, semble-t-il… Le rythme est toujours aussi allant jusqu’au final du Concerto n° 3 pris sur une battue de un temps. Le n° 6 est charmeur avec sa couleur unique des violes qui pour une fois supplantent le violon. Le mouvement lent est un moment de grâce dont on voudrait qu’il ne s’arrête jamais. Se promenant ainsi parmi ces diverses formations musicales aussi originales qu’inattendues, on apprécie au cours du Concerto n° 2 la place équilibrée de la trompette naturelle de Gabriele Cassone aux côtés du violon, de la flûte et du hautbois. Une fois l’écoute terminée, on se rend compte combien Bach recherchait la nouveauté, réunissant des groupes d’instruments de manière inédite, au service d’une écriture construite sur le contrepoint aux mille idées thématiques, un grand atout du maitre.

En complément de programme, et Zefiro offrent la Suite n° 2 faisant partie de ses fameuses Ouvertures pour orchestre où la flûte traversière occupe le rôle de soliste principal. Marcello Gatti avec son traverso excelle dans une rhétorique bien appuyée, soutenue cette fois-ci de tempi plus modérés jusqu’à la fameuse Badinerie, séduisante par son balancement chorégraphique, achevant ainsi au travers de deux doubles albums l’ensemble des Brandebourgeois et des Ouvertures pour orchestre. Zefiro est au sommet de son art grâce à la clairvoyance de son chef Alfredo Bernardini.

Plus de détails

Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Intégrale des six concertos brandebourgeois BWV 1046 à 1051. Ouverture n° 2 en si mineur BWV 1067. Ensemble orchestral Zefiro. Direction : Alfredo Bernardini. 2 CDs Arcana. Enregistrés en septembre et octobre 2017. Livret en français, anglais, allemand et italien. Durée totale : 111:58

 
Mots-clefs de cet article

Banniere-ClefsResmu-ok

  • Philippe Allain-Dupré

    Bonjour
    merci de recommander cet ensemble italien génial, à l’image de son créateur Alfredo Bernardini.
    J’espère que vous avez lu la jaquette qui mentionne des facteurs français des instruments à vents, olivier Cottet et moi-même, Philippe Allain-Dupré. Bravo à nos collègues d’avoir joué superbement nos instruments

Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.