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Une plongée vertigineuse dans le monde désolé du Sibelius intime

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Jean Sibelius (1865-1957) : Rakastava, pour cordes, triangle et timbales op. 14 ; Six Impromptus pour piano op. 5 ; Impromptu pour cordes ; Malinconia, pour violoncelle et piano op. 20 ; Romance en do majeur pour cordes op. 42 ; Le Chêne, pour flûte et piano op. 100 n° 7 (arr. Jussi Jalas) ; Flûte solo de Scaramouche, pour flûte et piano (arr. Jussi Jalas) op. 17 ; Nocturne pour flûte et piano (arr. John Amans) ; Andante festivo, pour cordes et timbales. Chamber Domaine ; Sami Junnonen, flûte ; Adrian Bradbury, violoncelle ; Sophia Rahman, piano, direction : Thomas Kemp. 1 CD Resonus. Enregistré à la Chapelle of Sidney Sussex College, Cambridge, en mars 2017. Notice en anglais. Durée : 63:22

 

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Rakastava: The Music of Jean SibeliusCe très beau travail consacré à la musique de prend le risque, parfaitement calculé, de s’écarter des chefs-d’œuvre totémiques du maître finlandais. Le résultat s’avère profond, fidèle et inoubliable.

Le , ensemble britannique en exercice depuis 1999, placé sous la direction inspirée de l’Anglais , nous fait apprécier le Sibelius plus confidentiel que jamais, le mélancolique pour qui la composition vaut plus que toute autre activité. Trois solistes apportent leur concours sans jamais s’éloigner de l’âme du célèbre auteur de la Valse triste et de Finlandia. Le violoniste , précis et sobre, le flûtiste finlandais , à l’agilité contrôlée et la pianiste , toute en couleur sombre et délicate, tous à l’écoute éveillent une fascination assez rarement ressentie et cernent à merveille un créateur authentique.

Rakastava (L’Amant) s’appuie sur des poèmes anciens du Kanteletar. À l’origine (1894) l’œuvre fait appel à des voix d’hommes mais en 1912 Sibelius établit une version pour cordes, timbales et triangle, hiératique et inquiétante, qui captiva immédiatement le public par sa « polyphonie éthérée » pour reprendre les termes de son compatriote et biographe Tawastjerna. Les Six Impromptus pour piano seul (1890-1893) conquièrent à présent les auditoires internationaux, entre autres, grâce à la récente lecture révélatrice de Leif Ove Andsnes (Sony, Clef ResMusica), même si ses contemporains pour le seul mois de novembre 1893 purent en découvrir, à Helsinki, les subtiles saveurs sous les doigts de Karl Ekman, Oskar Merikanto et Armas Järnefeldt. Dès 1894, Sibelius dirigea un nostalgique Impromptu pour cordes (arrangement des n° 5 et 6 de l’opus éponyme pour piano) à Turku. Quelques années plus tôt la famille Sibelius avait été frappée de douleur par la mort brutale de la petite Kirsti terrassée par la fièvre typhoïde le 2 mars 1900. Le créateur confia son profond déchirement dans Malinconia pour violoncelle et piano avec pudeur et dignité mais également avec une véhémence tétanisée. Une Romance en do majeur pour cordes (1930) contemporaine de la lumineuse Symphonie n° 2, exprime, là encore une atmosphère élégiaque toute en discrétion et sobriété. Enfin l’Andante festivo pour cordes et timbales (révision de 1930 de la première mouture pour quatuor à cordes de 1922) en impose avec son intense souffle, humaniste, presque religieux et désespéré. Trois autres pièces, très mélodieuses, arrangées par son gendre (1908-1985) et le flûtiste néerlandais John Amans (1884-1958) en appellent au couple flûte et piano. Elles sont inspirées par des sections de musiques de scène pour Scaramouche, La Tempête et Le Festin de Balthazar.

Un autre aspect, incontournable, de la singularité esthétique de .

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Jean Sibelius (1865-1957) : Rakastava, pour cordes, triangle et timbales op. 14 ; Six Impromptus pour piano op. 5 ; Impromptu pour cordes ; Malinconia, pour violoncelle et piano op. 20 ; Romance en do majeur pour cordes op. 42 ; Le Chêne, pour flûte et piano op. 100 n° 7 (arr. Jussi Jalas) ; Flûte solo de Scaramouche, pour flûte et piano (arr. Jussi Jalas) op. 17 ; Nocturne pour flûte et piano (arr. John Amans) ; Andante festivo, pour cordes et timbales. Chamber Domaine ; Sami Junnonen, flûte ; Adrian Bradbury, violoncelle ; Sophia Rahman, piano, direction : Thomas Kemp. 1 CD Resonus. Enregistré à la Chapelle of Sidney Sussex College, Cambridge, en mars 2017. Notice en anglais. Durée : 63:22

 
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