Les lumières boréales de l’Orchestre Symphonique de Bretagne éclairent la nuit rennaise

Concerts, La Scène

Rennes. Couvent des Jacobins. 21-II-2019. Edvard Grieg (1843-1907) : Suite de Peer Gynt n° 1 ; Jean Sibelius (1865-1957) : Concerto pour violon et orchestre en ré mineur op. 47 ; Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonie n° 1 en fa mineur op. 10. Viviane Hagner, violon. Orchestre Symphonique de Bretagne, direction : Grant Llewellyn

www.valentinfoligne.frC’est un programme très intéressant baptisé Lumières Boréales que nous proposent l’ et son directeur musical avec en particulier une œuvre trop rarement donnée, la Symphonie n° 1 de Chostakovitch.

La Première Suite de Peer Gynt constitue un bel écrin pour mettre en valeur les riches sonorités de l’Orchestre. Celui-ci présente une fois de plus son meilleur visage sous la baguette de son chef gallois qui installe dès les premières notes le climat pastoral d’Au Matin. Sa lecture est soucieuse d’ampleur et de plénitude sonore. Par contraste, La Mort d’Aase très recueillie témoigne d’une grande précision et d’un soin particulier apporté aux dosages sonores. La Danse d’Anitra trouve les cordes à leur meilleur avant que tout l’orchestre fasse honneur à l’instrumentation géniale de Dans l’antre du roi de la montagne.

Après cette délicieuse mise en bouche, le programme se poursuit avec le Concerto pour violon et orchestre de Sibelius, créé dans sa version définitive en 1905. Confronté au forfait de la flamboyante écossaise Nicola Benedetti, l’OSB a eu la main heureuse en conviant à la remplacer. La violoniste allemande possède déjà une prestigieuse carte de visite, ayant fait ses débuts à l’âge de douze ans sous la baguette de Zubin Mehta. Elle fait preuve ici d’une parfaite maîtrise technique, d’une inspiration constante et d’une magnifique plénitude sonore dans tous les registres de l’instrument. Elle maintient une intense urgence dramatique mais sans aucun excès de pathos, l’émotion est toujours juste. Nous garderons en mémoire le final éblouissant de l’Allegro moderato avec ses envolées orchestrales, la sensibilité frémissante de l’Adagio di molto et l’explosion de virtuosité de la violoniste dans l’Allegro ma non tanto. Justement acclamée par le public, revient sur scène pour offrir en bonus un Adagio de Bach très intériorisé.

La seconde partie du concert est consacrée à la Symphonie n° 1 de Chostakovitch, œuvre d’un étudiant de 19 ans créée en 1926 dont le caractère novateur attira aussitôt l’attention d’Alban Berg et de Bruno Walter. La partition, très malicieuse, séduit par sa vivacité rythmique et ses contrastes. Les solistes de la petite harmonie y trouvent une occasion de se mettre en valeur tandis que les percussions sont à la fête dans l’Allegro. fait ici encore rutiler l’orchestre qu’il lance dans des crescendos échevelés pour conclure une bien heureuse soirée.

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