Yehudi Menuhin interprète les concertos de Mozart

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concertos pour violon et orchestre K. 207, K. 211, K. 216, K. 218 et K. 271a. Yehudi Menuhin, violon ; BBC Symphony Orchestra dirigé par Malcolm Sargent (K. 207) et Alfred Wallenstein (K. 211) ; ensemble London Mozart Players dirigé par Harry Blech (K. 216, K. 218 et K. 271a). 2 CD ICA Classics. Enregistré à Londres entre le 11 et le 21 janvier 1956. Textes de présentation en anglais, français et allemand. Durée : 2:03:39

 

menuhinVoici un album édité par ICA Classics qui présente, pour la première fois au disque compact, l’enregistrement qu’effectua en public dans les studios de la BBC dans le cadre de la célébration du bicentenaire de la naissance de . Le résultat de cette visite londonienne du grand violoniste est stupéfiant.

Cette parution ne renferme que les Concertos n° 1-4 et 7, celui-ci étant une œuvre attribuée à Mozart, mais d’une paternité incertaine. Mentionnons cependant que joua, lors de son séjour dans la capitale du Royaume-Uni, toutes les compositions principales avec orchestre de Mozart, y compris les Concertos n° 5 et 6, absents de cet album. Si nous comprenons la décision de l’éditeur pour le rejet du « Sixième » concerto ayant été élaboré par, on le sait de nos jours, Friedrich Johann Eck, nous ne trouvons pas de justification pour l’absence du Concerto pour violon n° 5 en la majeur K. 219. On notera que Menuhin exécute ici, pour les Concertos n° 1, 2 et 4, ses propres cadences. Pour ce qui est du « Septième » concerto, il propose la cadence de son ancien maître .

Les prestations de Yehudi Menuhin sont empreintes de finesse, tendresse et fraîcheur, au point qu’on a l’impression que l’artiste revisite ces concertos. Tout paraît ici parfaitement mesuré, mais en même temps, peut-être paradoxalement, tout déborde aussi d’une ambiance pleine de spontanéité et de chaleur humaine. Le violon de Menuhin, aigre-doux dans le timbre – et imprégné de poésie et, par instants, d’humour – n’arrête pas de chanter. Pour l’humour, on le perçoit, par exemple, dans la cadence du premier concerto où, parmi des passages purement virtuoses, apparaît l’incipit du Preludio de la Partita pour violon n°3 de .

En ce qui concerne l’apport des deux phalanges londoniennes, nous avons affaire, d’une part, et pour le , à un accompagnement « classique » dans le bon sens du terme, c’est-à-dire pas maniéré, d’une pulsation régulière, ainsi que cohérent et équilibré pour le rapport entre le soliste et l’orchestre. D’autre part, pour l’ensemble London Mozart Players dirigé par Harry Blech, nous sommes par moments, faute du chef, dépourvus de dialogue musical entre le soliste et les instrumentistes dont celui-ci s’entoure.

Voici un témoignage unique, qui nous restitue l’ambiance régnant alors au sein de ce bicentenaire, de bout en bout emplie de l’esprit mozartien, pour lequel le plus grand musicien parmi les violonistes fut invité. Le souffle de la bande, audible en fond, rend ce document encore plus authentique.

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