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Zinman concentre l’Orchestre de Paris pour Une Vie de Héros

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris. Philharmonie, Grande salle. 21-III-2019. Maurice Ravel (1875-1937) : Une barque sur l’océan. Edward Elgar (1857-1934) : Concerto pour violoncelle en mi mineur op. 85. Richard Strauss (1964-1949) : Heldenleben (Une vie de héros), poème symphonique op. 40. Truls Mørk, violoncelle. Orchestre de Paris, direction : David Zinman

David Zinman cc @ Priska KettererÀ une semaine d’Herbert Blomstedt, dirige l’ à la Philharmonie. Son Ravel attire autant par les couleurs que par la fluidité, avant un Concerto pour violoncelle d’Elgar superbement porté par et pour cette deuxième soirée du même programme, Une Vie de Héros de grande tenue !

entre d’un pas rapide sur la scène de la Philharmonie de Paris, et rejoint une estrade sur laquelle une chaise à été ajoutée, bien que Blomstedt, de neuf ans son aîné, l’avait refusée la semaine précédente. Il ouvre son programme par Une Barque sur l’Océan, jusque là toujours interprétée par ou pour Pierre Boulez avec l’. Le seul chef à l’avoir reprise à part le mentor dont la salle porte le nom étant Mikko Franck en 2012, en remplacement de Boulez, alors trop fatigué pour diriger.

Les coloris de la formation parisienne n’ont rien à envier à celles de l’Orchestre de Montréal présent deux jours plus tôt, avec une remarquable utilisation des bois, à commencer par la clarinette basse et le cor anglais, mais aussi des harpes et du groupe de cors, ce dernier impressionnant de justesse toute la soirée. La barque sur un flux de cordes ne s’éloigne jamais de sa voie grâce à la direction fluide en même temps que précise du chef américain.

Ensuite s’écartent les premiers violons pour laisser la place à , afin d’interpréter le Concerto pour violoncelle en mi mineur d’Elgar. L’Adagio initial expose un tempo étale, qui laisse le temps au violoncelliste de traiter une partie sur laquelle il montre moins de dextérité qu’il y a quelques années. Le message y est cependant toujours aussi bien porté, notamment le splendide thème principal, jamais vulgarisé ni rendu trop brillant, à l’instar des réponses de l’orchestre, elles-aussi tout aussi maîtrisées. Le Lento et le second Adagio trouvent encore plus de grâce sous ce doigté et sous cette battue, associés dans l’émotion sans jamais l’exagérer. Le Finale suit la même ligne de la part des deux artistes, au bénéfice d’unifier tout le concerto à une même vision, au risque de ne pas emporter autant qu’on le peut les instants fougueux de ce dernier mouvement. Pour rester un peu plus en Angleterre, un mouvement de sonate de Britten est offert en bis par le soliste, qui la veille avait interprété une Sarabande de Bach.

À propos d’Une Vie de Héros (Ein Heldenleben), l’affirmation entendue avant le concert que l’orchestre avait eu des difficultés la première soirée ne se vérifie pas ce soir. Dès l’introduction du héros (Der Held), l’Orchestre de Paris montre une rare compacité des cordes, pour une tenue globale impeccable tout au long de l’œuvre. Les Adversaires du héros et ses bois très sollicités procurent la même sensation de maîtrise, tant de l’orchestre que du chef. Puis le premier violon prend une grande importance, et si nous n’avons pas toujours défendu , la sensation depuis la saison passée qu’il a repris de la hauteur se confirme tout au long de son long solo pour La compagne du héros, incarné et superbement maîtrisé. Le Champ de bataille du héros fait la part belle à des cuivres et percussions eux-aussi impliqués, bien que moins impactants que ceux de Dresde sous Thielemann et ceux du National de France sous Gatti il y a quelques années à Paris. Les piccolos et le cor anglais sont toujours de la partie dans la section suivante, mais ils ne cherchent plus les couleurs du début du concert, pour trouver au contraire une teinte plus sombre afin de s’adapter à la partition germanique. Zinman préfère condenser encore le message des Œuvres de Paix du héros plutôt que de mettre en évidence tous les emprunts de à ses œuvres passées, pour achever en maintenant tout le poème sur une seule vision, jusqu’au Retrait et accomplissement du héros bien mérités.

Crédits photographiques © Priska Ketterer

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