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L’Ensemble Aedes dans du grand répertoire français

À emporter, CD, Musique d'ensemble

Gabriel Fauré (1845-1924) : Requiem op. 48 (version de 1893) ; Francis Poulenc (1899-1963) : Figure humaine ; Claude Debussy (1862-1918) : Trois Chansons de Charles d’Orléans. Ensemble Aedes, Les Siècles, Mathieu Romano, direction. 1CD Aparté. Enregistré en 2018. Durée : 59:21

 

faure_aedesAprès un détour réussi par la chanson (Brel, Barbara), l’ publie en 2019 un nouvel enregistrement cette fois consacré à la musique chorale française, en partie a cappella, le cœur de son répertoire.

Deux parties distinctes dans ce disque, d’une part le Requiem de , dans sa version avec orchestre de chambre de 1893 reconstituée par le musicologue Jean-Michel Nectoux, enregistré ici lors du festival Les Heures Musicales de l’Abbaye de Lessay en 2018, d’autre part un chef-d’œuvre de , la cantate Figure humaine, et les Trois Chansons de , en studio.

Ancien chef assistant de François-Xavier Roth, dirige la pièce de Fauré à la tête de musiciens de l’orchestre associés à son . Comme d’autres avant eux, le chœur adopte comme il était l’usage à l’époque dans les églises parisiennes la prononciation du latin à la française, et, chose assez rare, les deux solistes sont des membres d’Aedes (soprano, baryton). Une optique qui convient bien à ce Requiem serein, recueilli, lumineux même, surtout dans sa version « chambriste ». Fauré évoqua son intention : « Mon Requiem a été composé pour rien… pour le plaisir, si j’ose dire ! ». Et de préciser à propos de l’esprit de l’œuvre : « Mon Requiem, on a dit qu’il n’exprimait pas l’effroi devant la mort. Quelqu’un l’a appelé une berceuse de la mort. Mais c’est ainsi que je ressens la mort, comme une délivrance heureuse, plutôt que comme un passage douloureux ». L’Ensemble Aedes convainc tout à fait vocalement et stylistiquement, dans un tempo plutôt enlevé, et la couleur particulière des instruments « d’époque » des Siècles apporte une vraie plus-value. Mais l’interprétation est malheureusement terni par le violon solo, bien aigre et désagréable à écouter dans le Sanctus puis par la prestation assez décevante de la soprano solo dans le Pie Jesu d’autre part : dommage !

Peu de réserves par contre pour le reste du programme, l’Ensemble Aedes étant particulièrement saisissant dans le cantate profane pour double chœur Figure humaine, sur des poèmes de Paul Éluard, une œuvre qui date de l’époque de l’Occupation et qui fut créée à Londres à la BBC le 23 mars 1945. La force intrinsèque de la pièce, musique et paroles, très expressive, contrastée, complexe, est fort bien rendue, le texte étant en sus parfaitement compréhensible. Des qualités que l’on retrouve dans la troisième œuvre, à savoir les Trois Chansons de Charles d’Orléans, mais dans une rare version (pour la première et la troisième, 1898) qui diffère de celle que le chœur avait déjà enregistrée (Ludus verbalis vol. I) : une vraie découverte.

Malgré les quelques réserves sur l’interprétation du Requiem de Fauré, ce nouvel enregistrement vaut d’être écouté.

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