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Le Maxwell Quartet, l’héritage folklorique de Haydn

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Joseph Haydn (1732-1809) : Strings quartet op. 71. Maxwell Quartet. Colin Scobie, violon, Georges Smith, violon, Elliott Perks, alto, Duncan Strachman, violoncelle. 1 CD Linn (Outhere Music). Enregistré au Menuhin Hall, Stoke D’Abernon (Royaume-Uni) en avril 2018. Livret en anglais. Durée 73:53

 

Haydn MaxwellLe nous présente un Haydn ancré dans la tradition musicale folklorique. L’ensemble écossais ponctue chacun des quatuors par une chanson populaire arrangée par ses soins. Un message en faveur de l’abolition des frontières entre les musiques et les âges.

Ce quatuor est composé de quatre musiciens écossais qui revendiquent leur double appartenance à la musique folklorique et à la musique classique. Récemment lauréats du Concours International de Trondheim, les Maxwell nous proposent une rencontre surprenante entre les quatuors de Haydn et des chansons folklorique écossaises. Nous trouvons par exemple The Beauty of the North de Captain Simon Fraser (1773-1852), ou The Rosebud of Allenvalle de James Scott Skinner (1843-1927). Ces airs s’intercalent entre chaque quatuors, trois au total.

L’Opus 71 de est résolument un cycle de quatuors joyeux et terriens. D’une écriture élaborée, cette série préfigure l’avènement du règne Beethovénien, où le « ventre » du quatuor s’enrichit d’une foisonnante dramaturgie. Le s’engage dans une version juvénile, pleine de grâce et d’entrain, avec beaucoup de couleurs, surtout dans les tenues longues. Le naturel est festif et assumé. Nous imaginons cette œuvre jouée en plein air et non dans un salon et cela sans doute parce que les menuets n’ont pas peur de claquer du talon. Ce choix d’interprétation nous renseigne sur les emprunts de Haydn à la musique folklorique et populaire. Une façon de nous dire que nous puisons tous dans le patrimoine que nous construisons au fil des générations, et que chaque musique doit son existence à une autre musique.

Au niveau de l’écoute, sur la durée du disque, le résultat est surprenant parce qu’il se dégage une sorte d’évidence entre deux univers à priori différents. Une sorte de lien de famille, lointain mais néanmoins palpable, quelque chose d’indicible, ancré dans la mémoire de la musique. Rien d’artificiel dans ces enchaînements entre la musique de Haydn et le Griogal Cridhe, de Lady MacGregor. Seulement une sorte de continuité, de parenté subtile. C’est également une occasion pour les Maxwell de montrer leur enthousiasme à nous faire partager cette musique populaire aux accents de fiddle et de biniou. Il y a bien plusieurs façons de jouer du violon, et celles-ci sont complémentaires. Vous avez dit cross-over ?

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Joseph Haydn (1732-1809) : Strings quartet op. 71. Maxwell Quartet. Colin Scobie, violon, Georges Smith, violon, Elliott Perks, alto, Duncan Strachman, violoncelle. 1 CD Linn (Outhere Music). Enregistré au Menuhin Hall, Stoke D’Abernon (Royaume-Uni) en avril 2018. Livret en anglais. Durée 73:53

 
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