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Ouverture de la 23e édition du festival de Pâques de Deauville

Festivals, La Scène, Musique de chambre et récital

Deauville. Salle Elie de Brignac. 20-IV-2019. Œuvres de Johannes Brahms (1833-1897), Peter Cornelius (1824-1874), Felix Mendelssohn (1809-1847), Florent Schmitt (1870-1958) et Robert Schumann (1810-1856). L’Archipel : Mariamielle Lamagat (soprano), Adèle Charvet (mezzo-soprano), Mathys Lagier (ténor), Edwin Fardini (baryton). Ismael Margain et Guillaume Bellom, piano
21-IV-2019. Œuvres de Joseph Haydn (1732-1809), Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) et Ludwig van Beethoven (1770-1827). Justin Taylor (pianoforte), Julien Chauvin (violon), Pierre-Eric Nimylowycz (alto), Victor Julien-Laferrière (violoncelle), Michele Zeoli (contrebasse), Toni Salar-Verdú (clarinette), Javier Zafra (basson), Nicolas Chedmail (cor)
22-IV-2019. Œuvres de Iannis Xenakis (1922-2001), Thierry De Mey (né en 1956), Yoshihisa Taïra (1937-2005) et Béla Bartók (1881-1945). Philippe Hattat, Théo Fouchenneret (pianos) ; Trio Xenakis : Rodolphe Théry, Adélaïde Ferrière et Emmanuel Jacquet (percussions)

FESTIVAL DE PAQUES DE DEAUVILLE AF3B6086©Claude Doaré CONCERT 210419

Fidèle au modèle qui a fait son succès associant artistes chevronnés et jeunes talents abrités par la fondation Singer Polignac, la 23e édition du festival de Pâques de Deauville s’est ouverte par trois concerts très diversifiés dans la magnifique salle en bois Elie de Brignac, à l’acoustique toujours merveilleuse.

Ces trois concerts sont très divers à la fois en terme de répertoire et de formation musicale. Le samedi 20 avril articule une programmation à la fois intelligente et originale autour de quatuors vocaux accompagnés par le piano à quatre mains. Bonne idée d’encadrer l’ensemble par le rare et séduisant Spanische Liebeslieder de Schumann dont les numéros successifs alternent prélude et interludes pour piano seul, Lieder pour voix solistes et quatuor final, et les célèbres Liebeslieder Walzer de Brahms. Entre les deux, un bouquet de quelques valses à quatre mains de Brahms, et des Lieder de Brahms, Cornelius et surtout Mendelssohn dont le duo Abschiedslied der Zügvogel est un véritable enchantement. Le quatuor vocal de l’Archipel vaut sans doute plus par son ensemble que par les individualités qui le composent mais se fond harmonieusement dans le paysage sonore du duo bien rôdé des pianistes formé par et  ; dommage seulement que les rares chansons de souffrent d’une intelligibilité insuffisante (il était paradoxalement plus facile de suivre à l’audition le texte des Lieder…). Bien jolie soirée qui rappelle la pratique de la Hausmusik des familles allemandes bourgeoises au XIXe siècle.

FESTIVAL DE PAQUES DE DEAUVILLE Ensemble Archipel AF3B5323 © Claude Doaré CONCERT 200419Le lendemain faisait place à la trilogie viennoise Haydn-Mozart-Beethoven. Du premier, le bref Trio n° 26 (Hoboken XV : 1 3) associe les sonorités feutrées du pianoforte de , du violon de et du toujours merveilleux violoncelle de . Le second quatuor de Mozart qui suit montre quand même les limites du pianoforte face aux trois cordes et à un discours plus ample et généreux que celui des aimables variations de Haydn. En deuxième partie, le septuor de Beethoven s’avère plus inégal, les vents dont le cor naturel tirant brillamment leur épingle du jeu, tandis que le violoniste laisse percer de nombreux écarts de justesse dans les petites cadences qui lui sont confiées et qui parcourent la partition.

Rupture totale le jour d’après avec le concert du lundi de Pâques à 16 heures dévolu aux percussions. Le a programmé le violent Rebonds de leur patron pour ouvrir le concert ( seule), puis la Musique de tables de , petit jeu de mains sans instrument et quasiment sans son (les trois musiciens exécutent tapotis, chiquenaudes et glissements de mains sur trois petits guéridons…), enfin le puissant et exubérant Trichromie de avec son instrumentarium gigantesque. En deuxième partie, le duo - livre avec deux des trois membres des Xenakis la toujours brillante sonate de Bartók, concluant en apothéose un concert décoiffant.

Crédits photographiques : © Claude Doaré

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