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Lars Vogt et le Mahler Chamber Orchestra au Théâtre des Champs-Élysées

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Paris. Théâtre des Champs Elysées. 18-V-2019. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Musique funèbre maçonnique en ut mineur K. 477 ; Concertos pour piano n° 20 et 21. Joseph Haydn (1732-1809) : Symphonie n° 83 en sol mineur Hob. I:83 « La Poule ». Lars Vogt, piano et direction (concertos) ; Mahler Chamber Orchestra ; Matthew Truscott, premier violon et direction (Musique funèbre maçonnique et symphonie)

Lars Vog (c) Giorgia BertazziAu Théâtre des Champs-Élysées, – qui vient de publier un album de sonates de Mozart chez Ondine –, remplaçait Leif Ove Andsnes, souffrant, pour une vision revisitée des Concertos pour piano n° 20 et 21 de , accompagnés de pages orchestrales de celui-ci et de .

La soirée s’ouvre sur l’exécution de la Musique funèbre maçonnique en ut mineur K. 477 de Mozart. Sans un véritable chef d’orchestre, mais sous la surveillance du premier violon de l’ensemble, , cette œuvre se pare d’éloquence, tout autant que d’une élégance épurée et aérée due à un usage modéré de vibrato qui laissera une marque sur le caractère de tout le concert.

, dirigeant depuis le clavier, aborde le Concerto pour piano n° 20 en ré mineur K. 466 et le Concerto pour piano n° 21 en ut majeur K. 467 avec son imagination sonore fertile, perceptible dès les premières mesures des introductions orchestrales de ces deux partitions. Avec une économie dans la gestuelle des bras et des mains, il marque ces compositions du sceau de la théâtralité, nous dévoilant non seulement une large palette de nuances, avec des contrastes dynamiques nets, mais également un dialogue entre les différents instruments de la formation ou ses diverses sections, par exemple entre les premiers et les deuxièmes violons. La sonorité des cordes est plutôt sèche et dégraissée, tandis que celle des cuivres se voit dotée d’un beau timbre nasal et métallique, faisant quelquefois penser à des vrais instruments historiques. Au piano ce dialogue est audible aussi entre sa main droite et sa main gauche. On se délecte, en dépit de nombre d’erreurs digitales, d’une articulation précise, chantante, d’un raffinement des teintes et d’un toucher perlé, bien que les basses soient un peu dénuées de profondeur. Présentant ses propres cadences, il fait, en outre, preuve d’un sens aigu de l’architecture musicale, exception faite pour le dernier mouvement du Concerto pour piano n° 20 qui, sous ses doigts, paraît précipité et désordonné. On notera, en revanche, que cette légèreté du phrasé et brio que nous offre Vogt, comme soliste et comme chef d’orchestre, font défaut à l’intensité dramatique de cette page, ce qui est moins perceptible dans le Concerto pour piano n° 21, pas aussi expressif et surtout plus mélodieux.

Après l’entracte, dirige depuis son poste de violon solo la Symphonie n° 83 en sol mineur de . Assez dynamique et aux couleurs envoûtantes et harmonieuses, cette prestation est dépourvue de relief, de tension, de fluidité et de cohérence. Elle n’en suscite pas moins, malgré une erreur qui se glisse dans la partie de la contrebasse produisant un effet de surprise, ou peut-être à cause de cela, des applaudissements chaleureux du public.

Tout à la fin, Lars Vogt propose un « cadeau » hors programme : le deuxième mouvement, Larghetto, du Quintette pour piano et vents K. 452 de Mozart, à propos duquel celui-ci écrivit à son père : « Moi-même, je le tiens pour ce que j’ai encore fait de mieux dans ma vie ». De nouveau, nous admirons la sonorité scintillante et la capacité de Vogt et de quatre membres du de rendre la musique pure, simple, mais aussi vibrante d’émotions.

Crédit photographique : Lars Vogt © Giorgia Bertazzi

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