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Double album de violon et orchestre de Bach inégal par Isabelle Faust

À emporter, CD, Musique d'ensemble

Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Concerto pour violon et cordes BWV 1052R ; Sinfonia de la cantate BWV 174 ; Concerto pour violon et cordes BWV 1042 ; Sinfonia de la cantate BWV 21 ; Sonate en trio BWV 529 ; Concerto pour hautbois, violon et cordes BWV 1060R ; Suite n°2 pour violon et cordes BWV 1067 ; Sonate en trio BWV 527 ; Concerto pour violon et cordes BWV 1056R ; Sonate de la cantate BWV 182 ; Concerto pour violon et cordes BWV 1041 ; Sinfonia BWV 1045 ; Concerto pour deux violons et cordes BWV 1043. Isabelle Faust, Bernhard Forck (violons), Akademie für Alte Musik, Berlin, Bernhard Forck (direction). 2 CD Harmonia Mundi. Enregistré en décembre 2017 et septembre 2018 à Berlin (studio Teldex). Notice trilingue (français, anglais, allemand). Durée : 2:23:48

 

isabelle_faust-bach_violin_concertos_harmonia_mundiInterprète géniale des sonates et partitas pour violon seul de Bach, livre un programme généreux et très pensé des pages pour violon et orchestre, mais ne renouvelle pas pleinement son exploit antérieur, notamment en raison de l’ajout de nombreuses transcriptions qui annexent des pages connues pour d’autres instruments de façon pas toujours convaincante.

De Bach, nous ne connaissons aujourd’hui pour le violon et l’orchestre que les trois concertos BWV 1041, 1042 et 1043 (pour deux violons), les seuls à nous être parvenus sous cette forme. Mais , dont l’intégrale des sonates et partitas pour violon seul fait date leur a adjoint dans ce double album des reconstitutions ou transcriptions de concertos et pièces dans lesquels la partie soliste est redonnée au violon. C’est le cas du concerto 1052 connu pour le clavecin, de la deuxième suite pour orchestre où le violon reprend ici la partie de flûte, de deux des six sonates en trio pour orgue, et même du concerto pour violon et hautbois. En complément quelques extraits orchestraux de cantates viennent compléter un album généreux mais inégalement convaincant.

On admire en effet la maîtrise et le style d’Isabelle Faust, désormais d’autant plus tournée vers les interprétations « historiquement informées » qu’elle a troqué son Stradivadius pour un Stainer pour cet album. Et l’orchestre en parfaite symbiose avec ses choix lui répond avec une fougue et une énergie peu communes. En revanche, le concerto pour deux violons souffre d’un second soliste (le chef de l’ensemble en fait) assez médiocre qui déséquilibre cette partition splendide, tandis que les transcriptions laissent perplexe. En confiant au violon la partie de flûte, la seconde suite pour orchestre perd ainsi une bonne part du charme créé par l’opposition des timbres (notamment dans la célébrissime Badinerie). Et les sonates en trio sonnent mieux pour l’orgue pour lequel leur fascinante polyphonie se révèle un tour de force que dans ces transcriptions qui banalisent un peu leur organisation supérieurement construite en répartissant les voix entre deux violons et basse continue (BWV 529) ou violon, hautbois et basse continue (BWV 527).

Globalement on salue bien bas la maîtrise spirituelle des œuvres présentées tout comme la virtuosité purement instrumentale mais on doit reconnaître que les ajouts de ces transcriptions et reconstitutions qui représentent plus d’un CD sur les deux de l’album ne sont pas forcément les plus convaincants.

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