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Joyce DiDonato est Jeanne d’Arc à Saint-Denis

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Saint-Denis. Basilique Cathédrale. 7-VI-2019. Gioachino Rossini (1792-1868) : Le Siège de Corinthe : Ouverture. Giovanna d’Arco, cantate pour voix seule, transcription pour orchestre de Salvatore Sciarrino. Johannes Brahms (1833-1897) : Sérénade n°1 en ré majeur op. 11. Joyce DiDonato, mezzo-soprano. Orchestra de l’Accademia Nazionale di Santa Cecilia, Roma, direction : Antonio Pappano

DiDonato Pappano Saint-DenisAffiche importante de l’édition 2019 du Festival de Saint-Denis, interprète avec aisance et solennité la cantate Jeanne d’Arc de , orchestrée par Sciarrino. et son orchestre romain accompagnent et encadrent la pièce d’une ouverture du même compositeur et de la Sérénade n° 1 de Brahms, très italienne par sa fluidité et ses accents.

Dans l’attente qu’un opéra français reprenne Le Siège de Corinthe de Rossini, adaptation pour Paris de son Maometto II composé pour Naples, l’Ouverture résonne en début du second programme de cette édition du Festival de Saint-Denis. L’oreille doit d’abord se réhabituer à l’acoustique quelque peu brumeuse des lieux, très différente de celle de plus en plus nette, des salles modernes. s’en accommode parfaitement et marque les accents chevaleresques de cette musique, avec un bel appui à la mesure et un accompagnement marqué du tambour. Les cuivres donneront mieux en dernière partie de soirée, mais l’Orchestra dell’ s’illustre déjà dans cette partition, qu’il aborde avec une véritable culture dans sa pleine tradition.

Entre ensuite celle que tout le monde attend, , entendue quelques jours plus tôt au Théâtre des Champs-Élysées dans Agrippina. Elle s’apprête à aborder la courte Jeanne d’Arc de Rossini, dans sa version orchestrée par . Privilégiée à celle de Marco Taralli conçue pour Marianna Pizzolato en 2011, la version de Sciarrino écrite pour Teresa Berganza en 1987 a l’avantage de laisser la partie d’orchestre comme un subtil accompagnement. Rossini y aurait certainement intégré plus de cuivres, mais ce travail permet de laisser la primeur à la voix, splendide encore une fois, de la mezzo-soprano. Le texte anonyme qui raconte Jeanne est porté par une superbe agilité et un travail soutenu sur la prosodie, même si certains mots se noient dans l’espace de la Basilique cathédrale des Rois. Avec une alternance de graves solennels et d’aigus magnifiques, DiDonato délivre la cantate de tout carcans, jusqu’à une avant-dernière partie toute de vocalises, dans la pleine écriture rossinienne.

L’accompagnement s’est démarqué par sa retenue lors de la cantate, et c’est avec la Sérénade n° 1 de Brahms que Pappano peut véritablement s’exprimer en fin de concert. L’introduction et sa danse populaire rappellent encore étonnamment Mendelssohn, pour une proposition ici dans un style entre l’Angleterre et l’Italie, à l’image de Sir Antonio Pappano en scène. En ressort un Brahms jamais alourdi, mais au contraire fluidifié par le chef et l’orchestre grâce à un legato constant, plus apte à souligner les cuivres (à commencer par les excellents soli du premier cor) et les bois (avant tout le premier basson). Le Scherzo suit l’Allegro molto avec la même commodité, avant un Adagio non troppo plus assagi, passage le moins soutenu de cette interprétation, malgré la flûte et le cor solo. Le retour du basson en soutien continu du court Menuetto I & II ravive avant le dynamique Scherzo, puis un Rondo mené avec entrain.

Pas de bis en cette fin de concert sans entracte, car il avait déjà été offert auparavant, avec une magnifique Mort de Didon de Purcell, portée par une Joyce DiDonato incarnant à merveille son personnage, intensifiée par les soli d’un premier violoncelle particulièrement touchant.

Crédit photographique : © Christophe Fillieule/Festival de Saint-Denis 2019

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Saint-Denis. Basilique Cathédrale. 7-VI-2019. Gioachino Rossini (1792-1868) : Le Siège de Corinthe : Ouverture. Giovanna d’Arco, cantate pour voix seule, transcription pour orchestre de Salvatore Sciarrino. Johannes Brahms (1833-1897) : Sérénade n°1 en ré majeur op. 11. Joyce DiDonato, mezzo-soprano. Orchestra de l’Accademia Nazionale di Santa Cecilia, Roma, direction : Antonio Pappano

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