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Marek Janowski dirige Dallapiccola et Verdi à Dresde

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Dresden. Kulturpalast. 14-IX-2019. Luigi Dallapiccola (1904-1975) : Canti di prigionia. Giuseppe Verdi (1813-1901) : Quattro pezzi sacri. Iwona Sobotka, soprano. MDR-Rundfunkchor (chef de chœur : Denis Comtet). Dresdner Philharmonie, direction : Marek Janowski

Directeur de la de 2001 à 2003, renoue avec l’orchestre cette saison et débute dès septembre par un programme exigeant pour chœur et orchestre autour de Dallapiccola et Verdi.

Janowski Dresden Canti Dallapiccola l
La collaboration n’avait duré que deux années entre et la au début du siècle, mais reprend finalement cette saison après huit ans passés pour l’orchestre sous la direction de Michael Sanderling, avec lequel vient justement de paraître une intéressante intégrale des symphonies de Chostakovitch. À son habitude, le chef alterne pour sa nouvelle programmation entre grands classiques du répertoire – des symphonies de Brahms et Bruckner -, opéras en concert – un très prometteur Fidelio – et ouvrages plus rares.

C’est à cette dernière catégorie que se rattachent les deux cycles de ce concert de septembre, débuté par les splendides Canti di prigionia (Chants de la captivité) de , suivis des ultimes Quattro pezzi sacri (Quatre pièces sacrées) de . La première œuvre a été achevée au début de la Seconde Guerre mondiale. Elle profite de l’acoustique moderne du Kulturpalast de Dresde, bâtiment communiste remis en cause par la ville et ses habitants depuis la chute du mur de Berlin, pour être finalement réhabilité aujourd’hui avec à l’intérieur une salle en forme de petite Philharmonie de Berlin (1 800 places à Dresde contre 2 400 à Berlin). Pour interpréter la pièce créée à Rome en 1941, deux pianos font face au podium de Janowski, chacun escorté par un groupe de timbales, tandis qu’à gauche de la scène sont placées deux harpes, et au fond deux glockenspiels et diverses percussions. L’ouvrage est basé sur trois textes latins écrits à divers moments par trois célèbres prisonniers : Marie Stuart, Boèce et Savonarole, et la partition d’ensemble s’y présente comme une longue variation profane autour du Dies iræ, parfaitement maintenue dans une rigueur et un éclairage tout allemands par le chef, aussi concentré vers l’excellent placé en hauteur. La préparation de l’ensemble choral par lui prête une ferveur et un impact parfaitement à la mesure de la puissance du cycle, particulièrement prenant dans la partie médiane des femmes au deuxième chant, sous les sons martelés des glockenspiels, puis ceux beaucoup plus doux des pianos.

Ensuite sont présentées les Quatre pièces sacrées de Verdi. D’abord écrites sans liens véritables, trois d’entre elles furent pourtant créées ensemble à Paris en 1898, sans le compositeur, trop fatigué pour se déplacer, puis définitivement interprétées comme un cycle quaternaire quelques mois plus tard à Vienne. Ces pièces sont d’autant plus rarement données que deux d’entre elles ne demandent qu’un chœur a cappella, tandis que les deux autres nécessitent un orchestre, en plus d’une soprano au Te Deum. La tenue du ne perd rien de son recueillement pour porter ces textes religieux, dirigés d’une manière sobre voire retenue par Janowski. L’Ave Maria placé en premier, laisse entendre le chœur seul, et permet de remarquer le parfait agencement des différents groupes, avec toutefois un surplus de ferveur chez les femmes. Elles sont seules ensuite pour le Laudi alle Vergine Maria, exposé après le Stabat Mater dans lequel la Dresdner Philharmonie maintient une atmosphère religieuse sans jamais trop appuyer les soli, ni trop exalter les parties plus expressives. Le Te Deum conclut superbement la soirée avec l’utilisation de tout le chœur et l’orchestre, ainsi que, dans les derniers instants, l’apparition d’, dont le timbre angélique est renforcé par le placement de la soprano en haut du premier balcon derrière le public.

Crédits photographiques : © Björn Kadenbach

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Dresden. Kulturpalast. 14-IX-2019. Luigi Dallapiccola (1904-1975) : Canti di prigionia. Giuseppe Verdi (1813-1901) : Quattro pezzi sacri. Iwona Sobotka, soprano. MDR-Rundfunkchor (chef de chœur : Denis Comtet). Dresdner Philharmonie, direction : Marek Janowski

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