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Symphonies de Gossec par la Deutsche Kammerakademie Neuss

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François-Joseph Gossec (1734-1829) : Symphonie op. IV n° 1 en ré majeur : Symphonie op. IV n° 2 en mi majeur ; Symphonie op. IV n° 3 en fa majeur ; Symphonie op. IV n° 4 en do majeur ; Symphonie op. IV n° 5 en mi majeur dite « Pastorale » ; Symphonie op. IV n° 6 en ré mineur. Deutsche Kammerakademie Neuss, direction : Simon Gaudenz. 1 CD CPO. Enregistré en mars 2018 à la Deutschlandfunk Kammermusiksaal. Durée : 71:24

 

Loin de l’image du musicien révolutionnaire que le label CPO affirme pourtant sans détour par le choix de la pochette, c’est le grand symphoniste Gossec, inventif et innovant, que défend ici avec vigueur grâce aux nombreuses qualités de la .

CD_GossecDepuis quelques années, plusieurs interprètes de qualité permettent aux mélomanes de redécouvrir en disque les symphonies de , qui malgré leur manque de notoriété par rapport à celles du confrère Haydn, peuvent être considérées sans hésitation comme de sublimes compositions du père de la symphonie française. Gossec est aujourd’hui plus connu comme musicien révolutionnaire, mais ses soixante symphonies sont presque toutes antérieures à cette époque, à quelques exceptions près comme la Symphonie en 17 parties composée en 1809.

Ainsi, en 2008, Les Agrémens sous la direction de Guy Van Waas s’intéressaient aux Trois Grandes Symphonies op. VIII portées notamment par des codes maçonniques, alors que le Concerto Köln sous la direction de Reinhard Goebel excellait en 2003 avec la Sinfonia a piu stromenti, la Symphonie à grand orchestre dite « La Chasse », une Symphonie Concertante pour violon, flûte et orchestre et la Symphonie à 17 parties. Sous la baguette de , la contribue à son tour à réattribuer une place de choix au compositeur d’origine wallonne dans l’histoire musicale parisienne à la fin du XVIIIe siècle, en s’intéressant dans ce disque aux six symphonies publiées vers 1758 regroupées sous l’opus IV. Dommage que les francophones ne puissent pas apprécier la qualité d’analyse de Bert Hagels, la notice se limitant à une transcription anglaise de son texte de présentation en allemand.

Comparées au premier opus de 1756, ou même à l’opus précédent entièrement écrit pour les cordes, ces symphonies déploient des innovations étonnantes autant dans l’orchestration, les contrastes, que sur le plan formel. Elles s’articulent autour de l’influence de l’école de Mannheim avec notamment ces longs crescendos et ces contrastes soudains entre piano et forte, Gossec ayant travaillé comme violoniste sous la direction de Johann Stamitz en 1754 et 1755. Exception faite de la Symphonie n° 6 en ré mineur qui, même si elle clôture cette série, doit être en vérité la plus ancienne. Ces pages de très belles factures consacrées à un ensemble à cordes étendu aux cors, d’une écriture sereine et sûre, d’une coupe simple en quatre mouvements, déploient une maîtrise compositionnelle proche de celle de Haydn, révélant une précision d’articulation du langage orchestral particulièrement nette.

C’est ainsi une musique pleine de panache et de verve que la Deutsche Kammerakademie Neuss sait retranscrire avec une belle énergie. Forte d’élans pleins de fièvre et d’une fraîcheur sonore alerte, la formation dirigée par Simon Gaudenz est admirable de précision et de qualité d’ensemble, avec un formidable sens des contrastes empreint de finesse autant que de bon goût. Le tout avec une prise de son qui capte à merveille l’art symphonique du citoyen Gossec.

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François-Joseph Gossec (1734-1829) : Symphonie op. IV n° 1 en ré majeur : Symphonie op. IV n° 2 en mi majeur ; Symphonie op. IV n° 3 en fa majeur ; Symphonie op. IV n° 4 en do majeur ; Symphonie op. IV n° 5 en mi majeur dite « Pastorale » ; Symphonie op. IV n° 6 en ré mineur. Deutsche Kammerakademie Neuss, direction : Simon Gaudenz. 1 CD CPO. Enregistré en mars 2018 à la Deutschlandfunk Kammermusiksaal. Durée : 71:24

 
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  • Michel LONCIN

    C’est vrai que, pour un compositeur français, CPO pourrait condescendre à « admettre » la langue française …

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