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Donizetti Heroines : révision de classique

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Gaetano Donizetti (1797- 1848). Donizetti Heroines: Anna Bolena, Pia de’ Tolomei, Lucia di Lammermoor, Il castello di Kenilworth, Maria Stuarda, La favorite, Pigmalione, Roberto Devereux, Rosmonda d’Inghilterra. Coffret de 13 DVD Dynamic. Sous-titres : anglais, français, espagnol, allemand, coréen, japonais, chinois. Zone 0

 

Un superbe coffret chez l’éditeur Dynamic composé de 13 DVD d’opéras de , dont nombre d’entre eux déjà dans le commerce, réunit un panel intéressant d’héroïnes romantiques.

donizetti heroines coffret dynamicEn compulsant l’ensemble de ces DVD, une impression assez agréable d’assister à des représentations de répertoire s’en dégage, avec les aléas des distributions (entre voix impressionnantes et déceptions de casting), les mises en scène un peu faciles et traditionnelles, et des captations assez conventionnelles.

On pourrait distinguer deux périodes de captation. La première concerne le début des années 2000, où le DVD semblait promettre une mise sur le marché de spectacles où la qualité n’était peut-être pas digne d’une commercialisation tant par les réalisations techniques (beaucoup de plans fixes, un format fruste en 4:3) que scéniques (un certain statisme lié à une mise en scène un peu sommaire, des distributions de routine). Ainsi la Maria Stuarda de 2001 de Bergame souffre d’une image avec une qualité VHS : on regarderait cela faute de mieux, mais la vidéographie a depuis ce temps-là comblé cette carence, surtout que Carmela Remigio est honorable mais en rien exceptionnelle. En revanche, on y découvrira le jeune Joseph Calleja rayonnant dans Leicester et une Sonia Ganassi pétulante (dans le rôle d’Elisabetta). Pareillement, la Anna Bolena (2006) n’est pas impérissable (le DVD a déjà fait l’objet d’une chronique dans nos colonnes) : on peut observer que Dimitra Theodossiou a rendu nombre de service dans ces emplois mais elle évolue avec des partenaires poussifs (le Percy de Gian Luca Pasolini). Pia de’ Tolomei (2005) permet d’entendre l’art consommé de Patrizia Ciofi, toutefois en difficulté avec les hardiesses du rôle. La Lucia de Désirée Rancatore ne mérite pas vraiment le coup d’œil.

Une seconde tranche de captations situées aux alentours de 2015 laisse un choix plus judicieux en termes de répertoire, et plus avisé en termes de production, comme par exemple La Favorite (captée en 2018), en version française fait entendre un Celso Albelo très appliqué ; mais la plus grande leçon de chant est celle fournie par Mariella Devia dans Roberto Devereux (2016), qui est la preuve vivante que l’intelligence artistique autorise toutes les audaces : ce soprano colorature, dont Lucia di Lammermoor a été le fer de lance pendant des années, pouvait-elle aborder le rôle meurtrier de la reine Elisabetta ? Il faut croire qu’en 2016, il n’y avait aucune raison de remettre en cause sa légitimité : le legato se double d’une présence dramatique qu’on lui reprochait faible dans ses primes années (la grande scène finale la voit hallucinée et folle comme le sont les grandes héroïnes romantiques), éclatante et impérieuse face à une Sonia Ganassi toujours imposante (dans le rôle de Sara).

Curiosité sur les scènes, malgré une certaine qualité mélodique, Rosmonda d’Inghilterra (enregistrée en 2016) permet de suivre les évolutions de Jessica Pratt et du travesti de Raffaella Lupinacci (qui défend joliment son air du second acte Ritorna a Splendere). La mise en scène peu originale et toujours projetée dans la pénombre a le mérite de ne pas chercher à faire dans une quête d’historicité : maquillage en pailleté argenté et doré font ménage avec des costumes inclassables. L’œuvre est néanmoins magnifique et figure, avec son finale impressionnant, dans le palmarès des partitions du compositeur bergamasque. On retrouve Jessica Pratt dans Il castello di Kenilworth (2018) : le livret est certes incompréhensible, mais il y a une rituelle scène de folie dans un rôle parsemé de contre-notes et la présence de Xabier Anduaga donne une image héroïque de ce que devrait être le ténor donizettien. Enfin, de façon intrigante et rafraîchissante, le Pigmalione déjà évoqué dans un précédent DVD.

Les amoureux de Donizetti éprouveront, dans l’écoute d’un coffret aux qualités nécessairement disparates, beaucoup de plaisir à écouter des œuvres rarement jouées sur scène. Il faut considérer que l’on assiste à chaque DVD à un spectacle complet que l’on aurait du plaisir à aller voir en live, mais qui peut confronter à un certain ennui pour quelques titres défendus de façon un peu mollassonne : le coffret est donc à acquérir pour le panorama qu’il offre, avec certaines lassitudes et beaucoup de bons moments.

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Gaetano Donizetti (1797- 1848). Donizetti Heroines: Anna Bolena, Pia de’ Tolomei, Lucia di Lammermoor, Il castello di Kenilworth, Maria Stuarda, La favorite, Pigmalione, Roberto Devereux, Rosmonda d’Inghilterra. Coffret de 13 DVD Dynamic. Sous-titres : anglais, français, espagnol, allemand, coréen, japonais, chinois. Zone 0

 
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