Une Anna Bolena bienvenue

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Gaetano Donizetti (1797-1848) : Anna Bolena. Mise en scène et costumes : Francesco Esposito. Décors : Italo Grassi. Lumières : Daniele Naldi. Avec : Dimitra Theodossiou, Anna ; Gian Luca Pasolini, Lord Riccardo Percy ; Riccardo Zanelatto, Enrico VIII ; Sofia Soloviy, Giovanna Seymour ; Josè Maria Lo Monaco, Smeton ; Mauro Corna, Lord Rochefort ; Luigi Albani, Sir Hervey. Chœur du festival Donizetti de Bergame (chef de chœur : Marina Malavasi). Orchestre du festival Donizetti de Bergame, direction : Fabrizio Maria Carminati.. 2 DVD Dynamic 33534. Enregistré à Bergame en octobre 2006. Sous-titrage en italien, anglais, allemand, français, espagnol. Zone 0. Durée : 183’

 

Nous avons regretté que le label Dynamic immortalise une Lucia di Lammermoor seulement correcte, alors que tant d’autres œuvres du compositeur natif de Bergame n’ont pas eu droit aux honneurs du DVD. Le label italien se montre cette fois plus judicieux en proposant Anna Bolena.

Cette œuvre n’encombre pas les DVDthèques et l’enregistrement VAI datant de 1984 avec Joan Sutherland et , bien qu’intéressant vocalement, souffrait de sérieux handicaps. C’était une représentation enregistrée par la télévision canadienne et tant la qualité visuelle que sonore sont celles de l’époque. De plus la version VAI est amputée, plusieurs morceaux ou passages ayant été coupés.

Le DVD Dynamic est plus long, ce qui ne signifie pas que la partition soit donnée en version intégrale, hélas, mais les coupures restent raisonnables. Comme pour le DVD de Lucia, nous retrouvons la même équipe : des chœurs et un orchestre honorables, mais une baguette moins fougueuse. Les tempi de manquent de nerf et de vigueur et l’on frôle parfois l’ennui. La production est encore supervisée par . Nous retrouvons une mise en scène en costumes d’époque mais dans une scénographie moderne. En effet le décor est constitué de gradins métalliques où reste stationné le chœur durant presque toutes les scènes. De temps à autre un écusson, un banc, une étoffe rouge s’ajoutent à ce cadre unique. Tout ceci permet une bonne lisibilité de l’intrigue, sans laisser toutefois un souvenir impérissable.

Le plateau réuni est un peu plus international que celui de Lucia. Les seconds rôles n’appellent pas de reproches particuliers et le Smeton de José Maria Lo Monaco est crédible physiquement et vocalement. Sofia Soloviy sait se montrer émouvante dans le rôle de la future reine souffrant de conduire involontairement sa rivale à la mort. Il est dommage qu’elle soit un peu courte d’aigus. assure son rôle de méchant avec correction mais on aimerait plus de panache de sa part. Bien qu’un peu gauche scéniquement, le ténor Gian Luca Pasolini sort indemne de la partie difficile de Ricardo. La soprano sera plus controversée : si l’on aime les voix corsées capables de beaux piani, on s’attachera à son interprétation d’un rôle éprouvant, il faut le reconnaître. Plus discutables en revanche sa prudence quand elle ralentit outre mesure sa cabalette « Non v’ha sguardo », cabalette d’ailleurs tronquée ; quand elle se dispense d’exécuter les trilles écrits par le compositeur, ou encore lorsqu’elle lance un contre ré (à la fin de l’acte I) ou un contre-mi bémol (à la fin de l’acte II) proches du cri. Les suraigus facultatifs n’ont de raison d’être que s’ils restent musicaux.

Au final, un bilan mitigé, mais un DVD qui demeure le bienvenu dans un marché où il ne souffre guère de concurrents pour l’instant.

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