À emporter, CD, Musique d'ensemble

Le Concerto 1700 dans une impasse

Plus de détails

Emmanuele Barbella (1718-1777), Pietro Nardini (1722-1793), Eligio Celestino ( 1739-1812), Luigi Borghi (ca.1745-ca.1806) Felice Gardini (1716-1796) : Violin Sonatas in late 18th-century Madrid. Concerto 1700. 1 disque 1700 Classics. Enregistré à Cercedilla (Iglesia de San Sebastian) en Espagne en juin 2019. Texte quadrilingue. Durée : 70:33

 

Le nous entraîne en Espagne dans la seconde partie du XVIIIe siècle, lorsque Madrid s’enrichissait de l’apport des compositeurs italiens qui s’y étaient installés.

italy in spain concerto 1700Barney écrivait en 1771 que « l’Italie a non seulement fourni au reste de l’Europe les compositeurs et les interprètes les plus éminents, mais qu’elle est aussi le pays qui a le plus largement influencé notre conception de l’élégance et de l’excellence, qui sont des caractéristiques inhérentes à cet art qu’est la musique. » Nous savons par ailleurs que d’illustres musiciens italiens comme Domenico Scarlatti ou se sont installés en terre hispanique. Dans ce CD, le nous propose de nous présenter des compositeurs moins illustres, moins connus, mais aussi moins inspirés.

insuffle un certain optimisme dans des lignes mélodiques simples mais concises, où la saveur de l’Espagne peine néanmoins à se faire sentir. De son côté, semble empreint de nostalgie envers une Italie marquée par ses illustres prédécesseurs, comme Tartini. Le Concerto 1700 a choisi pour cette musique galante de conserver le clavecin plutôt que d’intégrer le piano-forte, et cela renforce peut-être cette impression d’être encore sur les braises du passé.

Celestino, Borgui et Giardini achèvent de donner à cet enregistrement une couleur très concertante, alors qu’il s’agit de sonates, ainsi sont-elles dénommées, articulées en trois parties, comme un concerto qui ne veut pas dire son nom. Ce sont en réalité 5 mini concerti pour violon, à la mode italienne de tradition, où le violon se livre à quelques exultations dans un cadre malheureusement trop académique, sans réel éclat pour l’instrument, malgré quelques fugaces prouesses virtuoses.

Les œuvres mises en avant par le Concerto 1700 n’ont certainement pas été oubliées par hasard. Si le savoir-faire est là, il ne suffit malheureusement pas pour gagner l’adhésion de l’auditeur qui ne trouve dans cet enregistrement qu’un matériau scolaire faisant penser aux morceaux d’examens que l’on donne aux jeunes violonistes de conservatoire.

, chef et violoniste de l’ensemble offre une prestation très inégale car il peine à trouver l’inspiration dans des œuvres sans essence. Son jeu technique s’en ressent. Il y a beaucoup d’incertitudes techniques, des problèmes d’intonation, et Pinteño parvient difficilement à dominer son sujet.

Si l’idée de départ est bonne, cet enregistrement ne restera pas toutefois dans les annales. Le fait que nous soyons en présence d’Italiens installés en Espagne n’apporte au fond aucune réelle pertinence, car la musique n’exprime rien de plus qu’une toile de fond somme toute très superficielle.

Plus de détails

Emmanuele Barbella (1718-1777), Pietro Nardini (1722-1793), Eligio Celestino ( 1739-1812), Luigi Borghi (ca.1745-ca.1806) Felice Gardini (1716-1796) : Violin Sonatas in late 18th-century Madrid. Concerto 1700. 1 disque 1700 Classics. Enregistré à Cercedilla (Iglesia de San Sebastian) en Espagne en juin 2019. Texte quadrilingue. Durée : 70:33

 
Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.