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Poulenc et Saint-Saëns avec Iveta Apkalna et Mariss Jansons

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Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Symphonie avec orgue n° 3 en ut mineur op. 78. Francis Poulenc (1899-1963) : Concerto pour orgue, cordes et timbales en sol mineur FP 93. Iveta Apkalna à l’orgue Johannes Klais (1985) de la Philharmonie de Munich (Bavière-Allemagne) ; Orchestre symphonique de la Radio bavaroise ; direction : Mariss Jansons. 1 CD BR Klassik. Enregistré en mars 2019. Livret en anglais et allemand. Durée : 60:47

 

Grâce aux deux œuvres les plus célèbres et les plus jouées du répertoire pour grand orgue et orchestre, et forment un duo idéal pour cet enregistrement qui éclaire de manière très moderne un mariage musical autrefois plus compliqué.

Camille Saint-Saëns_Francis Poulenc_Iveta Apkalna_Mariss Jansons_BR KlassikCe disque est l’écho direct d’un concert qui fut donné dans la grande salle de la Philharmonie située en plein centre culturel « im gastei » de Munich, en Mars 2019. Un des derniers enregistrements réalisés par l’excellent chef , hélas disparu en novembre de la même année. La soirée réunissait les deux œuvres les plus connues et les plus jouées du répertoire réunissant orgue et orchestre. La Symphonie n° 3 de fut achevée en 1886, créée à Londres puis à Paris quelques mois plus tard. Pour la première fois dans l’histoire de la symphonie, un grand orgue prenait place aux côtés d’un orchestre symphonique. Le compositeur, lui même organiste réputé, fit une utilisation subtile de cet instrument au sein de sa symphonie, classiquement bâtie en quatre mouvements. En effet, l’orgue n’apparaît qu’au début du deuxième mouvement, sur la pointe des pieds, grâce à un lit de jeux moelleux, finement intégrés aux cordes qui dessinent un thème encore très romantique. Ce n’est que dans le Finale que réapparaît massivement l’instrument à tuyaux pour scander pompeusement un thème fait d’accords parfaits majeurs. Ceci en fit un succès absolu. Pour cette œuvre, l’utilisation de l’orgue moderne de Klais installé dans cette salle est des meilleurs. L’équilibre avec l’orchestre est savamment dosé, l’orgue est fondu et sonne finalement comme un deuxième orchestre et non comme un instrument soliste : c’est ce que souhaitait Saint-Saëns qui ne lui a pas donné une partie soliste et virtuose. Mariss Jansons adopte des tempi raisonnables et laisse vivre pleinement les phrases, les silences sont habités et révèlent bien les mystères contenus dans la partition.

Pour le Concerto en sol mineur de , les rapports avec l’orchestre sont tout autres. Composé dans la deuxième moitié des années 30 à la demande de la princesse de Polignac, grande mécène et elle-même organiste amateur, il s’agit d’un dialogue entre un soliste de grandes proportions et un orchestre réduit aux cordes et à une paire de timbales. ne connaissant que très relativement les caractéristiques propres à un grand orgue, prit quelques conseils auprès de son ami Maurice Duruflé afin de l’aider dans l’élaboration de ce concerto, sur des questions de technique et de registration. C’est d’ailleurs ce dernier qui assura la création de l’œuvre sur l’orgue de la salle Gaveau en juin 1939 avec l’ dirigé par . Pour la petite histoire, l’orgue de la salle Gaveau avait été installé en 1900 par la maison Mutin-Cavaillé-Coll, mais fut démonté en 1957 pour rejoindre la commune de Saint-Saëns en Normandie. Depuis, seul l’élégant buffet a été conservé.

L’organiste lettonne déjà remarquée pour l’excellence de ses équilibres acoustiques dans la symphonie de Saint-Saëns se montre judicieuse dans l’utilisation de la riche palette sonore de l’orgue Klais de la salle munichoise dans le concerto de Poulenc. Cet instrument possède de belles qualités propres à un orgue de salle de concert avec des facultés précises conçues pour fonctionner en harmonie avec les orchestres. Les mixtures ne sont pas agressives, les jeux de solo agréables et bien timbrés. Le concerto, riche de huit mouvements enchaînés alterne des épisodes virtuoses et méditatifs que l’organiste gère très musicalement, portée par la direction sensible de Mariss Jansons à la tête de l’. A la fin, un solo d’orchestre confié à l’alto déclame une mélodie émouvante sur les fonds ondulants de l’orgue, comme un choral, avant que ne retentissent quelques derniers accords sur un grand tutti.

Ce concert capté sur le vif laisse échapper quelques faiblesses concernant la justesse de l’orgue, sans doute comme souvent liée à des différences brutales de température lorsque la salle se remplit. On gardera cependant présent la beauté de l’élan et l’ambiance électrique, propres au « live », très efficacement capté par les ingénieurs de la Bayerische Rundfunk.

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Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Symphonie avec orgue n° 3 en ut mineur op. 78. Francis Poulenc (1899-1963) : Concerto pour orgue, cordes et timbales en sol mineur FP 93. Iveta Apkalna à l’orgue Johannes Klais (1985) de la Philharmonie de Munich (Bavière-Allemagne) ; Orchestre symphonique de la Radio bavaroise ; direction : Mariss Jansons. 1 CD BR Klassik. Enregistré en mars 2019. Livret en anglais et allemand. Durée : 60:47

 
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