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L’irrésistible ascension du violoncelliste Sheku Kanneh-Mason

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Edward Elgar (1857-1934) : Concerto pour violoncelle et orchestre en mi mineur op. 85 ; Nimrod, extrait des Enigma Variations op. 36 ; Romance en ré mineur op. 62. Frank Bridge (1879-1941) : Spring Song. Ernest Bloch (1880-1959) : Prélude B. 63 ; Prière, extrait de Vie juive B. 54. Gabriel Fauré (1845-1924) : Elégie en do mineur op. 24. Julius Klengel (1859-1933) : Hymnus ; Traditionals : Blow the Wind Southerly ; Scarborough Fair. Sheku Kanneh-Mason, violoncelle ; London Symphony Orchestra ; direction : Sir Simon Rattle. 1 CD Decca. Enregistré à Abbey Road Studio (Elgar) en juin 2019 et à LSO Saint Luke’s (autres) en septembre 2019. Textes de présentation en anglais, français et allemand. Durée : 68:56

 

Après « Inspiration », titre de son premier album datant de 2018, le jeune violoncelliste poursuit son irrésistible ascension avec ce dernier opus centré sur  dans une veine élégiaque et mélancolique.

Sheku Kanneh-Mason_London Symphony Orchestra_Sir Simon Rattle_Elgar_DeccaFulgurante carrière que celle de ce jeune violoncelliste britannique né en 1999 qui remporta le Prix BBC Young Musician en 2016 avec le Concerto n° 1 pour violoncelle de Chostakovitch, faisant de lui le premier musicien noir à remporter ce prix depuis sa création en 1978 ! Un succès retentissant qui trouvera un écho mondial lors du « Royal Wedding » du prince Harry en 2018 où Skeku fut invité comme soliste, marquant le début d’un parcours paraissant irrésistible… Il faut avouer que le jeune homme ne manque pas d’audace, ni de talent pour s’attaquer à une des pièces maîtresses du répertoire pour violoncelle et surtout pour assumer une inévitable comparaison avec l’enregistrement de référence de Jacqueline Du Pré et Sir Barbirolli capté en 1965, avec le même orchestre ! Pour l’anecdote rappelons que John Barbirolli participa à la création de cette œuvre en 1919 et l’interpréta en soliste quelques années plus tard.

À dire vrai, l’écoute de cet album suscite des impressions assez mitigées… D’abord, concernant le choix assez monochrome des œuvres qui toutes s’orientent autour du thème d’une certaine mélancolie un peu accrocheuse qui finit rapidement par lasser, alors qu’on aurait préféré, par instant, plus d’enthousiasme, d’allant et de jubilation. Ensuite, ce qui étonne sous la baguette de , l’accompagnement orchestral du LSO parait, notamment dans le concerto d’Elgar, singulièrement magmatique, épais et quelque peu confus (à l’exception des vents). Enfin, la prise de son manque, elle aussi, d’équilibre et de clarté, mettant trop en avant le violoncelle face à une phalange valeureuse mal servie par l’orchestration, souvent un peu fruste ou à l’inverse grandiloquente (cuivres et timbales) d’

Ces remarques étant faites, on appréciera tout au long de ce concerto le jeu très lyrique et très fluide de , sa sonorité magnifique, son émouvant legato, sa virtuosité sans faille quand le jeu se fait plus âpre et plus tendu… sans parvenir toutefois à approcher de l’émotion et de la profondeur d’inspiration dégagées par l’inoubliable Jacqueline Du Pré…

Les autres pièces : le poignant Nimrod pour six violoncelles, la paisible Romance, l’insouciant Spring Song de Bridge, l’inquiétant Prélude et la méditative Prière de Bloch, la tendre et tourmentée Élégie de Fauré pour neuf violoncelles, ou encore le vibrant Hymnus de Klengel pour douze violoncelles bénéficient des mêmes éloges. Seules deux pièces traditionnelles, Blow the Wind Southerly et la ballade écossaise bien connue Scaborough Fair changent diamétralement de registre. Cette dernière bénéficiant d’un savoureux dialogue entre le violoncelle et la guitare de Plinio Fernandes, un régal qui rappelle le goût du violoncelliste britannique pour les mélodies populaires, déjà développées dans son précédent album « Deep River ».

Un disque comme un beau témoignage, à défaut d’une nouvelle référence.

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Edward Elgar (1857-1934) : Concerto pour violoncelle et orchestre en mi mineur op. 85 ; Nimrod, extrait des Enigma Variations op. 36 ; Romance en ré mineur op. 62. Frank Bridge (1879-1941) : Spring Song. Ernest Bloch (1880-1959) : Prélude B. 63 ; Prière, extrait de Vie juive B. 54. Gabriel Fauré (1845-1924) : Elégie en do mineur op. 24. Julius Klengel (1859-1933) : Hymnus ; Traditionals : Blow the Wind Southerly ; Scarborough Fair. Sheku Kanneh-Mason, violoncelle ; London Symphony Orchestra ; direction : Sir Simon Rattle. 1 CD Decca. Enregistré à Abbey Road Studio (Elgar) en juin 2019 et à LSO Saint Luke’s (autres) en septembre 2019. Textes de présentation en anglais, français et allemand. Durée : 68:56

 
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