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Intéressantes mélodies de Jean Cartan par Kaëlig Boché et Thomas Tacquet

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Jean Cartan (1906-1932) : Trois poésies de François Villon ; Cinq poèmes de Tristan Klingsor ; Sonatine en trois mouvements ; Trois chants d’été ; Deux sonnets de Mallarmé ; Sonatine pour flûte et clarinette ; Hommage à Dante pour piano solo ; Psaume 22. Kaëlig Boché, ténor. Thomas Tacquet, piano. 1 CD Hortus. Enregistré en août et septembre 2019 à l’auditorium Stephen Paulello à Villethierry. Notice en français et en anglais. Durée : 61:48

 

Qu’il est heureux que des musiciens curieux s’aventurent en terre inconnue ! De cette manière, le ténor et le pianiste nous font découvrir les intéressantes – et parfois déroutantes – mélodies du compositeur français .

jean_cartanPeut-être n’en avez-vous pas le souvenir, mais le compositeur ne nous est pas inconnu ! Résonne encore l’Introduction et Allegro pour quintette à vent et piano, ses deux quatuors à cordes et la version instrumentale pour flûte et clarinette de la Sonatine, sous l’interprétation sincère et engagée de l’ensemble Stanislas enregistrée en 2011 avec le label Timpani.

Après l’intégralité de la musique de chambre du compositeur, aujourd’hui, une voix et un piano complètent une discographie presque exhaustive, s’attaquant principalement aux mélodies d’un jeune homme emporté par la tuberculose à l’âge de 25 ans, qui aura pourtant le temps de laisser un catalogue d’un peu moins d’une vingtaine d’œuvres. Une version pour orchestre de l’Hommage à Dante et la grande œuvre orchestrale et chorale le Pater, permettraient d’avoir une vision complète des œuvres du compositeur.

Démarrer par les Trois poésies de François Villon (1929) peut paraître un peu austère pour une première approche. La verticalité du piano de Thomas Acquet, et le strict contrepoint des deux Rondeaux intensifient la légère liberté de la Ballade ; un cycle pourtant très apprécié par son maître Paul Dukas. Le cycle des Cinq poèmes de Tristan Klingsor (1927) présente de manière plus affirmée l’influence de Debussy, notamment dans la conduite de la voix, et celle de Maurice Delage par un orientalisme équilibré et raffiné. Cette évocation d’ailleurs se retrouve par la suite avec les Trois chants d’été (1927), un court cycle de mélodies sur des poèmes d’Arthur Rimbaud (Sensation) et de Franz Toussaint (L’Orage favorable, Ngo Gay Ngy).

Composée à 19 ans seulement, la Sonatine en trois mouvements (1925) semble chercher à dépasser les possibilités de l’instrument à clavier. L’écriture de Jean Cartan flamboie par ses dynamiques, ses textures et ses ruptures. Comme tout musicien en début de carrière, cette œuvre traduit toujours l’influence d’autres maîtres comme Claude Debussy encore, mais celle aussi d’Igor Stravinsky. Cette partition de 1925 est présentée comme « inédite » car transmise par les héritiers du compositeur et déposée à la SACEM en 1932. L’influence des recherches menées à l’orgue par Marcel Dupré et Maurice Duruflé se retrouve quant à elle dans le Psaume 22 (1925), seule œuvre religieuse de Cartan.

C’est avec les Deux sonnets de Mallarmé, composés l’année de sa mort, que les caractéristiques musicales riches du jeune compositeur s’affirment. L’écriture se renouvelle selon les inflexions du poème, traduisant une approche instinctive, sincère et innovante alors que la Sonatine (1931) qui suit, rencontrera le succès en raison de son écriture s’inscrivant bien plus dans la tradition française. D’une intense gravité, l’identité musicale très personnelle du musicien se déploie de manière beaucoup plus sombre dans son Hommage à Dante (1931).

La démarche du ténor et du pianiste vaut par cette curiosité de bon aloi pour un répertoire qui n’attend qu’à être découvert. Alors que le chanteur sait approcher des lignes mélodiques, souvent imprévisibles, grâce certainement à un esprit ouvert et volontaire, le pianiste exprime autant l’austérité de certaines œuvres, que l’âme poétique d’autres partitions présentées dans cet enregistrement. Complété par la notice particulièrement didactique et précise de et la petite biographie du compositeur rédigée par ses neveux et nièces, ce travail est une bonne première lecture des mélodies de Jean Cartan.

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Jean Cartan (1906-1932) : Trois poésies de François Villon ; Cinq poèmes de Tristan Klingsor ; Sonatine en trois mouvements ; Trois chants d’été ; Deux sonnets de Mallarmé ; Sonatine pour flûte et clarinette ; Hommage à Dante pour piano solo ; Psaume 22. Kaëlig Boché, ténor. Thomas Tacquet, piano. 1 CD Hortus. Enregistré en août et septembre 2019 à l’auditorium Stephen Paulello à Villethierry. Notice en français et en anglais. Durée : 61:48

 
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