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Concerts d’ouverture au Festival de Salon-de-Provence

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Salon-de-Provence. 31-VII-2020. Festival International de Musique de Chambre de Salon-de-Provence
12h. Abbaye de Sainte-Croix. Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Odelette op. 162 ; Romance op. 37. César Cui (1835-1918) : 5 petites pièces op. 56. Franz Schubert (1797-1828) : Sonate pour arpeggione et piano en la mineur D.821. Emmanuel Pahud, flûte. Alessio Bax, piano
15h. Abbaye de Sainte-Croix. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Sonate pour piano à quatre mains en do majeur K. 521. Franz Schubert (1797-1828) : Andantino varié en mi mineur D 823 n° 2. Claude Debussy (1862-1918) : Petite suite L65. Lucille Chung et Alessio Bax, piano

Malgré les restrictions sanitaires, la 28ᵉ édition du Festival de Salon-de-Provence a pu être maintenue. Si la jauge a dû être réduite, le programme initial reste quant à lui inchangé. C’est dans le cadre merveilleux de l’Abbaye de Sainte-Croix que les premiers concerts ont été donnés le 31 juillet dernier.

salon de provence
Composée par Saint-Saëns, Odelette constitue un hors d’œuvre plein de saveur et de finesse. Le charme de cette pièce est immédiat d’autant qu’ apparaît en pleine possession de ses moyens, tout comme le pianiste , fin technicien et accompagnateur complet. En effet, si le flûtiste séduit dans tous les compartiments du jeu avec notamment des envolées d’une réelle beauté, Bax nous touche par sa profondeur digitale. La belle acoustique du lieu met en lumière un dialogue inspiré entre les musiciens.

Puis, la violoniste rejoint le duo pour interpréter Cinq petites pièces de . Il s’agit de miniatures contrastées aux climats changeants parfois à l’image d’une fenêtre ouverte sur la nature, notamment dans le premier morceau avec son caractère matinal et aérien. On imagine volontiers des oiseaux à travers les arbres. Les échanges sont vivants, le souci d’écoute constant.

Nous retrouvons à nouveau le duo piano-flûte dans la Romance de . Son sublime thème joué par Pahud nous plonge dans une douceur frissonnante. L’intensité du jeu, l’éventail de nuances subtiles retiennent notre attention, et la sensibilité expressive atteint ici des sommets.

Puis, Schubert et sa Sonate pour arpeggione et piano (dans une transcription pour flûte d’ lui-même) vient clore ce récital. L’alchimie opère au point qu’on en oublie totalement les versions pour alto ou violoncelle. Le pianiste italien use de sonorités rondes tandis que le flûtiste déroule un tapis de nuances et offre des parties virtuoses de haut vol. Articulation idéale, beauté du timbre, progression du discours… tout y est. Moment de grâce dans l’Adagio ; une dimension solaire vient éclairer un climat propice au recueillement.

L’après-midi, nous retrouvons dans un récital à quatre mains aux côtés de . Partenaires à la scène comme à la ville, les musiciens débutent ce concert avec une des sonates de Mozart les plus jouées, la K. 521. Les tempi vifs sont parfaitement assumés et conduits de manière droite. Les lignes chantent, soutenues par le cantabile de Bax qui occupe le haut du clavier, comme par les interventions inspirées de Chung. L’unité d’ensemble est de mise tout comme la clarté des voix. Le mouvement central libère une douceur expressive typiquement mozartienne portée par un propos qui avance. Une touche sucrée colore le gracieux mouvement final joué avec sobriété.

Changement de ton avec l’Andantino varié de Schubert. Rarement interprétée en concert, cette pièce est le deuxième volet d’un triptyque intitulé Divertissement sur des motifs originaux français. Le thème principal, aux allures d’une marche lente, s’inscrit dans un caractère ouvert tout en créant au fur et à mesure une atmosphère intimiste. Les différentes voix se croisent au fil des modulations schubertiennes. Entre mélancolie et rêverie, ces variations deviennent comme une invitation au voyage.

Pour l’œuvre de Debussy, les musiciens inversent les rôles et changent de place. La Petite suite, succession de quatre pièces, n’a pas son pareil pour éveiller nos sens car sa richesse harmonique évoque l’orchestre. Chaque volet révèle une puissante dimension suggestive. Ainsi voyons-nous défiler des tableaux parfois colorés de manière vive. Cortège nous gratifie d’un jeu de sonorités dans une atmosphère proche des Suites bergamasques tandis que l’irrésistible Menuet ajoute une touche sensuelle à l’ensemble.

Crédit photographique © Aurélien Gaillard

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Salon-de-Provence. 31-VII-2020. Festival International de Musique de Chambre de Salon-de-Provence
12h. Abbaye de Sainte-Croix. Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Odelette op. 162 ; Romance op. 37. César Cui (1835-1918) : 5 petites pièces op. 56. Franz Schubert (1797-1828) : Sonate pour arpeggione et piano en la mineur D.821. Emmanuel Pahud, flûte. Alessio Bax, piano
15h. Abbaye de Sainte-Croix. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Sonate pour piano à quatre mains en do majeur K. 521. Franz Schubert (1797-1828) : Andantino varié en mi mineur D 823 n° 2. Claude Debussy (1862-1918) : Petite suite L65. Lucille Chung et Alessio Bax, piano

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