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La Fantaisie à l’honneur avec Filippo Gorini salle Cortot

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Paris. Salle Cortot. 25-IX-2020. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Fantaisie en ré mineur K. 397. Johannes Brahms (1833-1897) : Fantaisies opus 116. Franz Schubert (1797-1828) : Sonate fantaisie en sol majeur D. 894. Filippo Gorini, piano

C’est dans un programme conçu autour de la fantaisie que s’est illustré, salle Cortot à Paris, le jeune pianiste italien , auteur d’enregistrements remarqués de Beethoven et lauréat du concours Telekom Beethoven de Bonn (2015).


Gorini impressionne d’abord par la grande rigueur de son jeu, dépourvu de tout maniérisme, qui repose sur une éclatante fidélité au texte musical. Dans la Fantaisie en ré mineur de Mozart, si souvent « romantisée » à l’excès, on apprécie la sobriété et la régularité de l’interprétation, qui ne font que mieux souligner l’émotion contenue de ces célèbres pages.

Les Fantaisies de l’opus 116 de Brahms donnent lieu à des minutes d’exception, en particulier dans l’Intermezzo adagio central, où le sens du phrasé et la délicatesse du toucher de Gorini font merveille. Les Cappriccii, abordées par le pianiste avec une certaine retenue, sont un peu moins convaincants. Sans manquer d’intensité, ils auraient certainement gagné à plus de fièvre et d’emportement.

Monument du répertoire schubertien, la Sonate fantaisie en sol majeur D. 894 se prête magnifiquement au style ample de Gorini. Implacablement, celui-ci déroule les « divines longueurs » des quatre mouvements avec une précision chirurgicale. Œuvre pétrie de contrastes, entre les pianissimi et les triple forte du premier mouvement, le Menuet et son Trio, jusqu’à l’ambigu Allegro final, cette sonate permet au pianiste de déployer son intelligence des nuances. Tout est si parfaitement en place et exposé qu’on a parfois le sentiment de lire la partition ouverte en écoutant Gorini. Peut-être excessivement littérale : c’est le seul reproche que l’on peut adresser à la version proposée. Assurément, elle ne manque pas de personnalité, car il en faut pour un tel parti pris d’interprétation, mais plutôt d’un grain de folie – de « fantaisie » ?

Avec l’Allegretto en do mineur de Schubert, suivi de deux Contrepoints (II et IX) de l’Art de la fugue de Bach, Gorini clôt en trois bis somptueux cette leçon de piano.

Crédits photographiques : Pianist © Marco Borggreve

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