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L’échange culturel transylvanien de l’ensemble Prisma

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Œuvres extraites du Codex Caioni (début du XVIIe siècle) et ballades traditionnelles hongroises. Ensemble Prisma. 1 CD Ambronay. Enregistré en mars 2020 à Jujurieux. Notice bilingue (français et anglais). Durée : 57:55

 

Après leur premier album Les Saisons sous le même label en 2018, l’ensemble Prisma revient avec un nouveau disque italo-hongrois « Il transilvano ».

Prisma_Il-Transilvano_AmbronayLa programmation rassemble de nombreuses danses et sonates du recueil hongrois de musique du XVIIᵉ siècle, le Codex Caioni, retrouvé seulement en 1988, et d’autres pièces de musiques traditionnelles, cherchant à témoigner de l’influence hongroise dans la musique baroque italienne, un long amour qui débuta au XVᵉ siècle avec l’union du roi de Hongrie Mathias Corvin Ier et de Béatrice d’Aragon. Même si l’angle d’approche est intéressant, renforcé par les échanges culturels retracés par les musiciens dans la note d’intention, ce n’est pas forcément cela que retient l’auditeur à la fin de l’écoute.

Dès la première piste de ce disque, l’intérêt de cet album est évident : la cohésion d’Elisabeth Chapollion (kaval diatonique), Franciska Hajdu (violon et voix), Dávid Budai (viole de gambe), Alon Sariel (archiluth et mandoline) et Gábor Juhász qui les rejoint en « invité » (contrebasse et théorbe) brille dans ces lignes mélodiques entremêlées et finement ornementées de la toccata La Diruta. Et alors que la force collective se déploie en une seule petite minute, chaque individualité est mise en lumière au fur et à mesure des propositions musicales, entre un violon mystique porté par un « parlando-rubato » (Hajnali, mélodie traditionnelle hongroise) et une flûte gracieuse (La Romana, Orazio Tarditi) autant que virevoltante (Gagliarda ditta la Ongara, Dávid Budai), entre la rythmique dansante de cordes pincées et la virtuosité de celles frottées (Sarabanda Gesneri, Codex Caioni), une contrebasse venue des tréfonds du monde (Vetettem violát, chant traditionnel de Moldavie) et d’un kaval transylvanien mystique (Hungarian kaval solo, Elisabeth Champollion), il n’y a que la voix nasillarde peu agréable dans la ballade Angoli Borbála qui dénote dans cette interprétation de qualité.

Les choix interprétatifs sont explicitement retracés morceau par morceau dans le livret d’accompagnement, permettant à chacun d’apprécier les spécificités de chaque pièce, ainsi que leur contexte. Les nombreuses danses dynamiques comme Ferenc Kulcsár : Pontozó seront certainement exaltantes dans les futurs concerts qui suivront probablement ce disque.

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Œuvres extraites du Codex Caioni (début du XVIIe siècle) et ballades traditionnelles hongroises. Ensemble Prisma. 1 CD Ambronay. Enregistré en mars 2020 à Jujurieux. Notice bilingue (français et anglais). Durée : 57:55

 
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