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Les adieux bouleversants de Bernard Haitink à Salzbourg en août 2019

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour piano et orchestre n° 4. Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonie n° 7. Emanuel Ax, piano ; Orchestre philharmonique de Vienne, direction : Bernard Haitink. 1 DVD Unitel Edition. Enregistré en août 2019 au grand Festspielhaus, Salzbourg. Notice trilingue (français, anglais, allemand). Durée : 1h56

 

Interprète inoubliable de Bruckner, Mahler et Chostakovitch mais au répertoire beaucoup plus étendu voire gigantesque, a pris sa retraite l’an dernier à quatre-vingt dix ans. Pour son adieu au festival de Salzbourg, il dirigeait ses chers viennois dans un programme associant Beethoven et Bruckner.

Beethoven_Bruckner_Emanuel-Ax_Bernard-Haitink_Unitel-EditionNé le 4 mars 1929, a choisi l’an dernier de quitter la scène à quatre-vingt dix ans. Fin août 2019, il a dirigé pour la dernière fois les Philharmoniker viennois à Salzbourg dans un programme taillé sur mesure pour ces adieux. Emanuel Ax, remplaçant Murray Perahia initialement programmé, interprétait le Concerto n° 4 de Beethoven. Arrivé en soutenant le vieux chef, toujours alerte mais qui s’aide désormais d’une canne pour marcher, le pianiste américain, jeune septuagénaire, donne une lecture sobre et précise du concerto dont la seule particularité inattendue réside dans l’accord initial arpégé. Les Philharmoniker ne sont qu’écoute et concentration sous la battue claire, simple et toujours parfaitement lisible du maestro qu’Emanuel Ax regarde avec une attention emplie d’affection.

En deuxième partie, Haitink avait programmé la Symphonie n° 7 d’, l’un des compositeurs qu’il aura le plus et le mieux servis dans sa longue carrière depuis sa célèbre intégrale avec le Concertgebouw dans les années soixante du siècle dernier. Debout la plupart du temps ou à peine appuyé sur une miséricorde, il dirige par cœur l’immense construction érigée par le maître de Saint-Florian. Là encore, la battue est sobre, claire, précise, dénuée d’effet et suivie avec dévotion par les Philharmoniker en grand effectif (et en tenue de ville car le concert avait lieu en matinée). À la différence de tant d’autres chefs âgés, Haitink reste fidèle à ses tempos plutôt vifs et le bouleversant adagio avance sans traîner mais non sans une émotion qui suscite un baiser du vieux maestro à ses musiciens après l’accord final. Le scherzo claque au vent comme jamais et le finale compense sa brièveté relative par une puissance débouchant sur une coda éblouissante qui répond à celle du premier mouvement. Aux saluts, l’émotion et la fatigue du chef qui tirera sa révérence quelques jours plus tard sont palpables et bouleversent l’auditeur. Admirable DVD, hommage à la carrière longue et particulièrement bien remplie d’un des plus grands chefs de sa génération.

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