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Les Ballets de Monte-Carlo lancent leur plateforme numérique

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Monte-Carlo. Grimaldi Forum. 11-I-2021. Ballet de Monte-Carlo.
DOV’E LA LUNA (1994). Chorégraphie : Jean-Christophe Maillot. Musique : Alexandre Scriabine.
Pianiste : Hervé Billaut. Décors et costumes : Jérôme Kaplan.
Lumières : Dominique Drillot
Durée : 22 min
CORE MEU (2019). Chorégraphie : Jean-Christophe Maillot . Chorégraphe assistant : Bernice Coppieters. Musique : Antonio Castrignanò – Sufi, Core Meu, Respiri di pizzica, Beddha ci dormi, Formenta, Corri, Tremula terra.
Costumes : Salvador Mateu Andujar. Lumières : Samuel Thery.
Durée : 38 min
Avec la participation d’Antonio Castrignanò & Taranta Sounds.

Pour l’inauguration de leur nouvelle plateforme en ligne, les Ballets de Monte-Carlo présentent Dov’è la Luna et Core Meu, deux pièces de que 25 ans séparent l’une de l’autre.


Cette fin de saison 2020, qui a vu fêter ses 60 ans, devait être particulièrement importante pour la compagnie, avec un programme constitué à 100% du répertoire du directeur-chorégraphe. Mais le Covid n’aura pas épargné le Rocher monégasque et aura eu raison des représentations prévues à l’automne. Pour maintenir le lien avec le public, la compagnie a inauguré sa nouvelle plateforme numérique le 5 janvier avec Dov’è la luna et Core Meu, initialement programmés en décembre.

Ce double programme met en regard deux œuvres marquantes, la première datant du début de la carrière de Maillot, la seconde créée en 2019. Nous ne reviendrons pas sur Core Meu (chroniqué ici lors de sa création), œuvre enthousiasmante qui remet au goût du jour la tarentelle italienne grâce à la collaboration avec , talentueux compositeur et chanteur originaire des Pouilles.


Créée en 1994, Dov’è la luna est une œuvre dotée d’une importance particulière aux yeux du chorégraphe à un double titre. Elle marque un retour à la danse académique et au travail de pointes d’une part, et elle a été créée dans un contexte personnel douloureux, d’autre part, à savoir la mort de son père. Après sa création par les danseurs emblématiques et Gaëtan Morlotti, cette pièce est reprise par une nouvelle génération de danseurs.

Bien sûr, la captation ne permet pas le même rapport à l’œuvre que le direct. Elle offre toutefois d’autres possibilités, notamment celle de choisir le point de vue souhaité entre quatre prises de vues différentes. Une caméra est positionnée dans la salle, les trois autres sont placées derrière le rideau. Cet accès au backstage est intéressant mais on regrette que les différents points de vue soient visibles simultanément, ce qui peut distraire l’attention.

Œuvre abstraite pour sept danseurs, Dov’è la Luna recherche le minimalisme, aussi bien dans la lumière nocturne (fond noir et douche de lumière bleutée sur les danseurs), les costumes, des académiques couleur chair qui moulent les corps dans une quasi nudité, que dans la chorégraphie elle-même, sobre et épurée. Le Concerto pour piano d’, à la fois tendre et mystérieux, fait écho à cette sobriété. La technique est ciselée, le travail de pointes précis et affuté, les ensembles rigoureux. Dans ce cadre austère, les émotions jaillissent pourtant à chaque instant, au détour d’un geste, à travers les duos où les corps s’enchevêtrent, dans l’écho d’une note qui se détache. Le solo d’ouverture, interprété par Lou Beyne, est particulièrement poignant, sur les sonorités graves et lentes du piano. Le superbe duo central, ici entre Lou Beyne et Jayeong An, tout en délicatesse, pourrait néanmoins gagner encore en sensualité.

Le contenu disponible en ligne sur la plateforme est riche et intéressant. Sont également accessibles plusieurs grands classiques de Maillot : le Songe, Lac, La Belle, Daphnis et Chloé ainsi que des entretiens, des documentaires (dont un consacré à ), une plongée dans les coulisses de la compagnie et un cours sur scène.

Crédits photographiques : © Alice Blangero

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Monte-Carlo. Grimaldi Forum. 11-I-2021. Ballet de Monte-Carlo.
DOV’E LA LUNA (1994). Chorégraphie : Jean-Christophe Maillot. Musique : Alexandre Scriabine.
Pianiste : Hervé Billaut. Décors et costumes : Jérôme Kaplan.
Lumières : Dominique Drillot
Durée : 22 min
CORE MEU (2019). Chorégraphie : Jean-Christophe Maillot . Chorégraphe assistant : Bernice Coppieters. Musique : Antonio Castrignanò – Sufi, Core Meu, Respiri di pizzica, Beddha ci dormi, Formenta, Corri, Tremula terra.
Costumes : Salvador Mateu Andujar. Lumières : Samuel Thery.
Durée : 38 min
Avec la participation d’Antonio Castrignanò & Taranta Sounds.

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