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Première intégrale de l’oeuvre d’orchestre du génial Hans Rott

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L’œuvre orchestrale, volume 1. Hans Rott (1858-1884) : Ouverture de Hamlet ; Suite en mi majeur ; Prélude de Jules César ; Prélude en mi majeur ; Suite en si bémol majeur ; Prélude pastoral. Orchestre du Gürzenich de Cologne, direction : Christopher Ward. 1 CD Capriccio. Enregistré du 23 au 25 janvier 2020 au studio Stolberger Strasse, Cologne. Notice en anglais et allemand. Durée : 51:44

L’œuvre orchestrale, volume 2. Hans Rott (1858-1884) : Symphonie en mi majeur ; Symphonie pour cordes en la bémol majeur ; Mouvement de symphonie en mi majeur. Orchestre du Gürzenich de Cologne, direction : Christopher Ward. Enregistré du 27 au 31 janvier 2020 au studio Stolberger Strasse, Cologne. Notice en anglais et allemand. Durée : 77:10

 

Musicien follement doué mais à la destinée tragique, laisse derrière lui une symphonie écrite à vingt-deux ans dans laquelle il anticipe l’œuvre de Mahler, qui lui a d’ailleurs toujours rendu hommage ; serait-il devenu une figure majeure de la Vienne du tournant du siècle s’il avait vécu ? En deux volumes le label Capriccio propose l’enregistrement de l’intégrale de son œuvre d’orchestre

La destinée de , désormais bien connue des mélomanes, est l’une des plus tragiques de la fin du XIXᵉ siècle ; ce musicien génialement doué, élève de Bruckner et condisciple de Mahler, sombra très jeune dans la folie avant de mourir interné, sans doute de tuberculose à vingt-six ans. La résurrection de son unique et très vaste symphonie (1880) en 1989 sous la baguette de Gerhard Samuel fit l’effet d’une bombe. Dans les quatre mouvements de taille et d’originalité assez inégale, le premier s’inspire manifestement de Wagner, le deuxième de Bruckner mais sans l’ampleur du maître, mais les deux derniers, les plus développés ouvrent des horizons nouveaux. Le très long final, assez composite, évoque, dans son grand thème hymnique, celui de la première symphonie de Brahms, que Rott vomissait pourtant, mais aussi Bruckner dans ses chorals de cuivres et surtout Mahler dont il anticipe de façon frappante sur celui de la Symphonie « Résurrection ». Mais c’est surtout le scherzo qui paraît avoir été littéralement pillé par Mahler dans sa propre première symphonie (et plus fugitivement les 2° et même 5°). Pour ce mouvement extraordinaire, la symphonie a acquis une notoriété qui a donné naissance à une discographie conséquente : Samuel le créateur, puis Layer, Russell Davies, Weigle, Paavo Järvi, Segerstam, Trinks (avec le Mozarteumorchester Salzburg, Clef ResMusica), aujourd’hui dans ce Volume 2. Celui-ci, outre l’apport du splendide , bénéficie de l’insertion de la symphonie dans une intégrale des œuvres d’orchestre de Rott. Peu d’inédits marquants en vérité, car le mouvement de symphonie qui conclut le second disque n’est qu’une variante de la version définitive du premier mouvement de la symphonie achevée et la Symphonie pour cordes une page mineure qui sonne comme un simple pastiche de Schubert.

Quant au Volume 1, la plupart des partitions avaient déjà été enregistrées sur d’autres disques en complément de la symphonie. L’Ouverture de Hamlet, assez convenue, est une reconstitution à partir d’esquisse inachevées, les deux extraits de suites (deux mouvements chacune) ne sont que des travaux d’étude, seuls le Prélude de Jules César et l’ambitieux Prélude pastoral (quinze minutes à lui tout seul, contemporain de la symphonie) montrent une réelle personnalité, sans aller jusqu’au singulier coup de maître de la symphonie.

Pour cette dernière, la version la plus convaincante de la discographie demeure celle de Järvi (RCA, Clef ResMusica), Ward restant trop sage pour unifier la démesure un peu folle d’une partition déséquilibrée et parfois gauchement orchestrée (l’abus du triangle tout au long ne laisse pas de surprendre), en attendant que les grands chefs mahlériens s’attaquent à cette partition étrange et fascinante. On rêve de ce que pourrait en faire Riccardo Chailly…

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L’œuvre orchestrale, volume 1. Hans Rott (1858-1884) : Ouverture de Hamlet ; Suite en mi majeur ; Prélude de Jules César ; Prélude en mi majeur ; Suite en si bémol majeur ; Prélude pastoral. Orchestre du Gürzenich de Cologne, direction : Christopher Ward. 1 CD Capriccio. Enregistré du 23 au 25 janvier 2020 au studio Stolberger Strasse, Cologne. Notice en anglais et allemand. Durée : 51:44

L’œuvre orchestrale, volume 2. Hans Rott (1858-1884) : Symphonie en mi majeur ; Symphonie pour cordes en la bémol majeur ; Mouvement de symphonie en mi majeur. Orchestre du Gürzenich de Cologne, direction : Christopher Ward. Enregistré du 27 au 31 janvier 2020 au studio Stolberger Strasse, Cologne. Notice en anglais et allemand. Durée : 77:10

 
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