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Klaus Mäkelä joue Ravel et Bartók avec l’Orchestre de Paris

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Paris. Philharmonie. 17-IV-2021. Maurice Ravel (1875-1937) Ma Mère l’Oye, Suite. Béla Bartók (1881-1945) : Concerto pour alto Sz.120, BB 128. Antoine Tamestit, alto. Le Mandarin Merveilleux, Suite op. 19, Sz. 73. Orchestre de Paris, direction musicale : Klaus Mäkelä
Concert enregistré en live sans public le 16 avril et diffusé sur le site de la Philharmonie de Paris

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Plus à l'aise dans les grandes masses symphoniques des suites de Ma Mère l'Oye et du Mandarin Merveilleux que dans les phrases anguleuses du Concerto pour alto de Bartók, bénéficie d'un expansif et de l'altiste .


Il n'a que vingt-cinq ans, mais le jeune conseiller artistique et futur directeur musical de l' s'attèle déjà aux œuvres les plus matures des compositeurs qu'il aborde. Après des Neuvièmes de Mahler puis de Bruckner bien plus traitées dans la forme que sur le fond, c'est maintenant au dernier ouvrage de Bartók, inachevé à la mort du compositeur, que s'intéresse.

Composé en même temps que le Concerto n° 3 pour piano Sz. 119 également programmé par le chef fin mars, Le Concerto pour alto Sz. 120 n'aura pas la chance d'être achevé par le compositeur hongrois, arraché au monde par une leucémie en 1945. Une première puis une seconde mouture ont cependant vu le jour depuis qui permettent d'entendre à présent une version sans doute très proche de l'idée que se faisait Bartók de sa partition. introduit la pièce seul et laisse apparaître un son concentré en même temps qu'assez sombre. Puis l'orchestre donne de la voix, mais la simple gestion des masses proposée par Mäkelä ne parvient pas à exalter la partie soliste. L'absence d'atmosphère ne permet pas de fournir un fil directeur à la narration dans ce concerto complexe : les trois mouvements s'enchainent alors sans que l'on puisse se raccrocher à autre chose qu'à certaines parties d'alto, ou ici ou là à un solo ou une belle utilisation d'un groupe de musiciens de l'orchestre.

Les deux autres œuvres programmées pâtissent moins de cette direction, beaucoup plus concentrée sur la matière musicale, au grand bénéfice des équilibres et des parties dynamiques, plutôt que sur le discours (ce qui est compréhensible compte tenu du jeune âge du chef). Ma Mère l'Oye retrouve donc un particulièrement chaud et habile, initiée par la volupté d'une Pavane prise très lentement aux cordes (la suite aura été privilégiée au ballet intégral), avec une impression d'emphase qui ne s'éteindra que dans les derniers instants du Jardin féérique. Mais là encore, à part la lenteur du tempo et les couleurs de l'orchestre (célesta parfaitement équilibré aux superbes soli de tous les bois et du premier violon de Roland Daugareil), une véritable proposition peine à se démarquer, pas plus qu'un réel climat propre à chacun des cinq morceaux.

Dans la même optique, choisit la suite plutôt que le ballet du Mandarin Merveilleux de Bartók, et de la même manière, il en traite les masses orchestrales plutôt qu'il ne propose une approche personnelle, certes moins évidente à gérer quand l'histoire s'arrête avant la mort du sujet… Dommage car la version intégrale aurait permis plus de dramatisme, en plus d'entendre un Chœur de l'Orchestre de Paris peu sollicité ces derniers mois. Comme précédemment, la direction est admirable et d'une impressionnante précision, mais comme auparavant aussi, et malgré une rythmique parfaitement gérée et des contrastes marqués jusqu'à un climax final impressionnant, aucun discours propre ni complètement structuré ne ressort jamais véritablement. Espérons que le chef se façonne dans les mois à venir sur un répertoire légèrement moins exigeant, car à ne proposer majoritairement que des œuvres testamentaires ou multi-référencées, il passe pour le moment à côté de leur puissance expressive.

Crédit photographique : © OdP / Benguigui Pasco

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