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Saint-Saëns, un esprit libre : rétrospective pour un Centenaire

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Paris. Palais Garnier. Saint-Saëns, un esprit libre. Du 25 juin au 10 octobre. Commissaire de l’exposition : Marie-Gabrielle Soret, conservatrice au département de la Musique, BnF

La Bibliothèque nationale de France et l’Opéra national de Paris proposent au Palais Garnier une exposition sur à l’occasion du centenaire de sa mort.

Regard clair, attitude volontaire, la photographie du compositeur (vers 1870-1880) choisie pour l’affiche, figure bien « l’esprit libre » annoncé par le titre de l’exposition. D’autres portraits, dont une superbe huile sur toile (Léon Glaize, 1897), un tableau au piano (Paul Mathey, 1881), de nombreuses caricatures (Charles Giraud notamment), et d’autres photographies, jusqu’à celles, émouvantes, des deux mains du pianiste qu’il était (Paul Berger, 1911), permettent au visiteur d’être accompagné de l’homme à la personnalité hors norme tout au long du parcours en musique et en trois parties identifiées par trois couleurs (vert de gris, bleu et rouge).

Né en 1835, élevé par sa mère et sa grand-tante, enfant prodige, Camille fait vite preuve de dons pour la musique et le piano en particulier. Cela ne l’empêche pas d’être recalé deux fois au concours du Prix de Rome… Le jeune Saint-Saëns mène alors à la fois une carrière de compositeur et de pianiste virtuose. Il est aussi organiste à l’église de la Madeleine à Paris. De nombreuses lettres et manuscrits présentés attestent du soutien qu’il eut des siens (Berlioz, Liszt…). Pédagogue, il a pour élèves Fauré et Massenet, et se pose en chef de file de l’École française de musique qui aboutira à la création en 1871 de la Société nationale de musique. Sa carrière prend une dimension internationale à la fin des années 1860. Il entretient une correspondance avec les grands musiciens et artistes de son temps, en témoignent différents manuscrits : une lettre de Tchaïkovski (1876), une carte de Proust (1892) ou de Verdi (1894). Saint-Saëns n’aimait pas la musique du compositeur italien jusqu’à Rigoletto : « ce fut la révélation, le coup de foudre » dira-t-il.

Profondément marqué par le décès de ses deux enfants en 1878 à six semaines d’intervalle, il change de vie, se sépare de son épouse, sans jamais divorcer, fait des donations à la ville de Dieppe (de nombreux documents proviennent du musée de la ville normande). Saint-Saëns est un homme de son temps. Son esprit fantasque, éclairé, encyclopédique (il s’intéresse à l’astronomie, à la botanique) le pousse à écrire dans la presse sur bien des sujets à côté de l’Art et la musique. Atteint de tuberculose, il doit quitter les hivers froids pour des contrées au climat chaud. Un haut panneau de reproductions de partitions évoque les voyages qu’il fait pendant 15 ans : Désir de l’Orient, Lever de soleil sur le Nil, Caprice arabe ou Suite algérienne, tandis qu’on peut voir sous verre le manuscrit original autographe d’Africa, fantaisie pour piano de 1891. Puis, une vitrine en forme de cabinet de curiosité présente différents objets dont un étonnant orgue à bouche en bambou vernis et ivoire rapporté d’Indochine en 1895.

L’exposition aborde ensuite la scène lyrique avec des maquettes, esquisse de décors (celle très jolie de la Princesse jaune, 1872), des photographies de répétitions et de costumes, des lithographies, également un intéressant volume relié d’indications de décors. Une pièce à part est consacrée au festival de Béziers qui avait pour ambition de devenir le « Bayreuth français » inauguré en 1898 avec Déjanire I, tragédie de Louis Gallet pour laquelle Saint-Saëns a écrit chœurs et ballets ; puis Parysatis, créé en 1902, avec 450 instrumentistes, 250 choristes et 60 danseuses dans un décor monumental avec char antique, comme le montrent des photographies d’époque. À côté sont évoquées d’autres œuvres, telle Frédégonde (1895) qui n’a pas rencontré le succès escompté, avec une belle réduction pour piano-chant dédicacée, et aussi Le Timbre d’argent ou Proserpine évoqués par des affiches ou dessins de costumes.

Quatre œuvres importantes sont mises en avant dans les espaces suivants avec de nombreux documents provenant de la BnF, remarquables : Samson et Dalila, avec une carte écrite de la main de Pauline Viardot pour qui le compositeur écrivit le rôle de Dalila mais qui ne pu jamais le chanter. Également les trois commandes de l’Opéra de Paris : Les Barbares, Henry VIII et Ascanio. Repris par l’Opéra de Paris en novembre 1921 et dirigé par Reynaldo Hahn, Ascanio est le dernier de ses opéras que Saint-Saëns voit sur scène. Il part ensuite à Alger et y meurt le .

Crédits photographiques : Portrait vers 1870-1880, photographie BnF Bibliothèque-musée de l’Opéra © Bnf ; Saint-Saëns en Oriental, caricarture par Georges Clairin vers la fin des années 1890, dessin aquarellé , Musée de Dieppe © Ville de Dieppe – Bertrand Legros

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