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Ivan Boumans, compositeur néo-tonaliste

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, lauréat du Prix du Compositeur des International Classical Music Awards 2020, est un musicien très polyvalent. Outre la composition, il est également professeur et chef d’orchestre. Sa dernière œuvre orchestrale, Organic Beat, devait être présentée en première au gala des 2020 à Séville. Après l’annulation de cet événement, le jury a décidé de postposer cette première audition. La nouvelle partition d’ a été présentée au gala de cette année avec l’Orchestre Symphonique du Liechtenstein.

: Quand avez-vous commencé à vous intéresser sérieusement à la musique ?

Ivan Boumans : J’ai grandi dans un petit village espagnol où il ne se passait pas grand-chose jusqu’au jour où est née l’idée de créer un orchestre d’instruments à vent. Mes parents ont pensé que ce serait une bonne occasion pour leur fils de faire quelque chose de significatif pendant son temps libre. Au début, je n’aimais pas ça, mais j’avais une certaine aisance et une perception musicale rapide. Le véritable intérêt – la passion – n’est apparu qu’en 1998, quand j’ai déménagé au Luxembourg et que je m’y suis inscrit au conservatoire.

ICMA : L’envie de composer était-elle déjà présente à ce moment-là ?

IB : Même enfant, avec des amis de notre orchestre d’instruments à vent, j’ai écrit de petites pièces. Mais je n’ai commencé à développer mon potentiel créatif que pendant mes études au conservatoire où j’ai eu la chance de présenter mes œuvres lors de concerts d’étudiants.

ICMA : Au regard du catalogue de vos œuvres, on constate que vous n’avez pas peur du contact, que vous êtes à l’aise dans tous les genres.

IB : Je suis quelqu’un d’ouvert et de curieux. De plus, dans notre société actuelle, il ne faut pas se limiter, il ne faut pas se fermer aux choses. Le marché de la musique lui-même l’exige aussi : avec seulement de la musique classique, un compositeur a beaucoup de mal à vivre aujourd’hui. De toute façon, j’écris surtout sur commande, et on ne peut pas se replier sur un créneau. Mais je n’éprouve pas de difficulté à naviguer entre les genres.

ICMA : Vous avez étudié, entre autres, avec , un représentant de la musique électro-acoustique contemporaine. Mais votre propre musique est tonale.

IB : Pendant mes études avec , j’ai heureusement pu disposer d’une liberté contrôlée : j’ai dû me soumettre aux règles de la composition, mais j’étais totalement libre dans l’expression. Pour moi, la musique n’est pas un exercice mathématique. Je veux être compris par mon public, c’est pourquoi la mélodie est un élément essentiel de mon travail. C’est une chose qui va de toute façon de soi. Les gens ne chantent pas des rythmes, des accords complexes, ils chantent des mélodies. Je qualifierais donc mon style de néo-tonalisme. Au fil des ans, ma musique s’est naturellement développée et elle a changé. J’ai acquis de l’expérience, j’en sais plus sur la musique et j’ai des réflexes différents pour écrire.

ICMA : D’où tirez-vous votre inspiration ?

IB : L’inspiration est un terme très difficile, presque incompréhensible, et aussi difficile à expliquer. En ce qui me concerne, ça dépend beaucoup de mon humeur, mais aussi de ma condition physique. J’écoute beaucoup d’œuvres et je suis attentif à ce qui se passe dans le monde de la musique, dans tous les domaines. Et, surtout, j’ai toujours avec moi mon carnet où je note des idées spontanées dont certaines peuvent avoir un potentiel de composition.

Quand je choisis d’écouter de la musique classique, ce sont de préférence des compositeurs américains comme John Adams et d’autres représentants de la musique minimaliste. Ils ont, pour moi, une énergie particulière.

ICMA : Vous êtes un musicien très polyvalent. Outre la composition, vous dirigez un orchestre d’instruments à vent et vous enseignez au conservatoire du Luxembourg.

IB : J’aime partager ma passion pour la musique. La direction d’orchestre m’a aussi toujours intéressé, et comme je suis perfectionniste, j’ai voulu apprendre cette discipline en profondeur. En enseignant, je peux également transmettre ma joie pour la musique aux plus jeunes. Et l’échange avec mes étudiants est un enrichissement pour moi aussi.

Propos recueillis en juin 2020 par Guy Engels, directeur des programmes de Radio 100,7, Luxembourg

Crédits photographiques : © Lupo Ludovicy

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