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Giuseppe Verdi par Paolo Bottini sur deux orgues historiques italiens

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Giuseppe Verdi (1813-1901) : Les Saisons, divertissement d’après les Vêpres siciliennes. Carlo Fumagalli (1822-1907) : Messa solenne da Giovanna di Guzman. Paolo Bottini à l’orgue des frères Lingiardi op. 145 (1865) de l’église paroissiale Arcipetrale dello Spirito Santo de Castelvetro Piacentino, Italie, et à l’orgue Giovanni Cavalletti (1778) de l’église paroissiale di San Pietro Apostolo de Sasicera di Cadeo, Italie. 1CD Da Vinci Classics. Enregistré en septembre et octobre 2020. Livret en anglais. Durée : 47:33

 

La musique de transcrite à l’orgue est une bonne idée, confortée par l’un de ses contemporains et proposée ici dans un programme intensément théâtral par .

Le monde de l’orgue romantique italien est fascinant. Il a produit une multitude d’instruments qui forcent l’admiration encore de nos jours. En France, à la suite de l’Ancien Régime et dès le début du XIXᵉ siècle, on a vu une période intermédiaire dite « de transition », avant que n’arrivent les grandes manufactures d’orgue symphoniques avec Cavaillé-Coll, Puget ou Merklin…, qui ont offert des orgues aux couleurs franches, colorées, encore empreintes du XVIIIᵉ siècle et enrichis par des jeux niveaux proches des sonorités des instruments de l’orchestre. L’orgue italien de cette époque suit les mêmes règles, en conservant l’antique Ripieno augmenté de fameux jeux dits « de concert ».

De grandes familles de facteurs d’orgue comme les Serassi, Lingiardi ou Bianci construisent par toute l’Italie une grande quantité d’instruments sur ces principes liés à l’orchestre. On est heureux de découvrir ici d’eux d’entre eux signés Lingiardi et Cavalli. Grâce à leurs qualités orchestrales, la musique de Verdi trouve facilement sa place dans cet univers coloré et très théâtral. On découvre Les Saisons, Divertissement d’après l’acte III des Vêpres siciliennes. Écrites pour le piano, ces quatre saisons distillent de belles ambiances contrastées révélées par les reliefs symphoniques de l’orgue. Il s’agit d’un Ballet constitué de divers tableaux au sein même des quatre saisons, l’auditeur se laissant porter et charmer, comme à l’opéra.

L’exécution de la musique romantique italienne sur ces instruments spécifiques demande une connaissance approfondie dans l’art de registrer les divers jeux mis à la disposition de l’exécutant. Certains compositeurs comme Vicenzo Petrali ont indiqué dans leurs œuvres de savants mélanges, dont la connaissance est indispensable pour un maniement adapté et un rendu convaincant. , né à Crémone et organiste à Castelvetro Piacento, est spécialiste en la matière et bien informé de ces pratiques. Outre les sonorités très reconnaissables de ces orgues, quelques accessoires viennent pimenter le discours : Roulements de timbales, jeu de clochettes, cymbale et grosse caisse.

En complément de programme, de manière judicieuse, l’organiste nous propose de la musique d’un certain , frère de Polibio Fumagalli, plus connu des organistes. Contemporain de Verdi, il se laissa séduire par sa musique au point d’écrire entre autres une Messe solennelle « Giovanni Guzman alias Vespri siciliani » déroulant les différents versets et moments cruciaux de l’office. A l’écoute on reste une nouvelle fois étonné d’un tel langage, aussi divertissant dans le cadre d’une liturgie. Pour autant l’auditeur est séduit, comme on peut l’imaginer, de la même manière qu’à l’époque, les paroissiens aimant retrouver à l’église la même ambiance populaire et les mêmes musiques qu’à l’Opéra. L’effet est garanti : il s’agit là d’une musique à l’impact efficace et réjouissant.

Grâce à la clarté de ces orgues, le jeu brillant et ludique de Paolo Bottini, des œuvres très divertissantes et bien écrites pour la circonstance, ce disque est le reflet d’un monde enchanté que l’on croyait perdu et qu’une telle production fait revivre à nouveau.

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Giuseppe Verdi (1813-1901) : Les Saisons, divertissement d’après les Vêpres siciliennes. Carlo Fumagalli (1822-1907) : Messa solenne da Giovanna di Guzman. Paolo Bottini à l’orgue des frères Lingiardi op. 145 (1865) de l’église paroissiale Arcipetrale dello Spirito Santo de Castelvetro Piacentino, Italie, et à l’orgue Giovanni Cavalletti (1778) de l’église paroissiale di San Pietro Apostolo de Sasicera di Cadeo, Italie. 1CD Da Vinci Classics. Enregistré en septembre et octobre 2020. Livret en anglais. Durée : 47:33

 
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